Comment agir plus efficacement contre les violences faites aux enfants ? La mairie de Paris a décidé d’intensifier la formation des agents du périscolaire après plusieurs affaires de violences sexuelles qui ont abouti à la suspension l’année dernière de 20 professionnels. La ville a lancé cet automne un plan pour mieux protéger les enfants, que les violences surviennent dans un centre de loisirs ou bien au domicile familial, avec une ligne d’écoute, un renforcement des effectifs, mais surtout des formations obligatoires auxquelles France Inter a pu assister.
Dans une grande salle de réunion, une trentaine de directeurs du périscolaire de la ville de Paris. Au micro, les formateurs avancent avec bienveillance. L’objectif est d’outiller les professionnels. Quel réflexe adopter pour recueillir la parole de l’enfant sans la déformer ? Comment repérer les potentiels agresseurs sans tomber dans la paranoïa ? Comment détecter les signaux faibles ? « Les violences sexuelles faites à l’encontre des mineurs, c’est quelque chose d’insupportable », témoigne Sébastien Brochot, formateur au centre ressource pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (CRIAVS). »On ne peut souvent pas se le représenter, voilà pourquoi beaucoup de parents, beaucoup de professionnels, mettent sous le tapis la moindre suspicion. L’enfant va rarement verbaliser clairement ce qu’il vit », explique-t-il.
Quand la parole manque, le corps parle
S’il ne verbalise pas, l’enfant va en revanche va attirer l’attention des adultes par son comportement, selon le formateur : « C’est avec son corps, avec ses jeux, avec ses attitudes qu’il va alerter l’adulte sur le fait qu’il y a quelque chose qui ne va pas. » Les procédures de signalement sont rappelées aux participants, que les violences aient lieu à la maison ou dans les écoles, la priorité est l’intérêt supérieur de l’enfant. « Si je dois faire une information préoccupante aujourd’hui, il n’y a pas de doute là-dessus, raconte Jean, directeur en maternelle, même si c’est un collègue que je connais, c’est un collègue. »
D’après les estimations, un enfant sur dix est victime de violences sexuelles en France.