L’homme de lettres a passé près d’un an dans une prison algérienne avant d’être gracié en novembre 2025.
Publié le 29/01/2026 16:28
Mis à jour le 29/01/2026 18:01
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L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal à Strasbourg, le 26 janvier 2026. (ABDESSLAM MIRDASS / HANS LUCAS / AFP)
Le voilà immortel. L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu au fauteuil n°3 de l’Académie française jeudi 29 janvier. Il a été élu au premier tour de scrutin, par 25 voix sur 26 votants, selon l’institution. L’auteur du Serment des barbares est devenu une figure nationale après son année d’incarcération dans une prison algérienne et sa libération le 12 novembre 2025.
L’académicien Jean-Christophe Rufin avait émis l’idée de le nommer dès son incarcération en novembre 2024, mais les autres membres avaient tiqué : on ne peut être élu qu’en faisant acte de candidature, rappelle L’Express. L’élection de Boualem Sansal ne faisait guère de suspense. Un premier scrutin avait été organisé pour ce fauteuil rendu vacant par la mort de Jean-Denis Bredin, mais aucun candidat, dont le poète belge Philippe Leuckx, n’avait totalisé suffisamment de voix.
Même si Boualem Sansal a limité sa campagne à l’envoi de courriers aux autres académiciens, son CV littéraire parle pour lui, avec le Grand Prix du roman de l’Académie française en 2015 pour son œuvre 2084 : la fin du monde, paru chez Gallimard. L’Académie française ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur la page présentant l’écrivain sur son site : « Tous ses livres sont un hommage éclatant à la force et à la richesse de la langue française, dont il use avec le talent d’un narrateur et d’un poète », peut-on lire.
En mai, il avait décroché le prix Cino-Del-Duca, un des mieux dotés de la scène littéraire avec 200 000 euros à la clé, et dont le jury était présidé par Amin Maalouf… qui occupe aussi la fonction de secrétaire perpétuel de l’Académie française. L’éloge du jury traduisait l’importance de l’écrivain sur la scène littéraire internationale : « Boualem Sansal s’est imposé au fil des années comme une voix incontournable de la littérature contemporaine. »
« Avec un courage rare et une plume d’une grande élégance, son œuvre traduit son engagement indéfectible envers notre langue commune et les valeurs qu’elle porte. »
Le jury du prix Cino-Del-Duc
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Boualem Sansal cumule donc désormais le fauteuil d’académicien avec celui de membre de l’Académie royale belge, où il a été élu en octobre, alors qu’il se trouvait encore en prison.