Par

Cédric Nithard

Publié le

29 janv. 2026 à 19h32

Contrairement à ce qui a été affirmé, les militants écologistes ne devraient sans doute pas être questionnés quant à la stratégie des municipales à Montpellier. Bien décidé à poursuivre la campagne à la tête du Printemps Montpelliérain, le député écologiste Jean-Louis Roumégas dénonce « une opération de déstabilisation » et un « fake ». 

« Ce n’est pas du tout à l’ordre du jour »

Présent ce jeudi matin pour soutenir les habitants de la résidence Stéphane Hessel au Petit-Bard dont les ascenseurs sont en panne depuis décembre, Jean-Louis Roumégas n’a pas esquivé la question quant à ce vote des militants évoqué mardi soir dans un communiqué envoyé à la presse par le co-porte-parole des écologistes Nordine Maktoubi et mercredi matin par le groupe fidèle à la majorité municipale Les Écologistes pour Montpellier. Et pour cause.

« Pas de remise en cause »

« Cela fait partie des opérations de déstabilisation, c’est du fake. Ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Des débats sont bien sûr prévus pour analyser la situation politique, c’est normal, les adhérents ont besoin de comprendre ce qu’il se passe. Il n’y a pas de remise en cause de la stratégie choisie dans les règles et appuyée par le national. Il n’y a aucune remise en cause ni du choix stratégique, ni de la tête de liste, ni des candidatures en place », explique Jean-Louis Roumégas qui confirme ainsi qu’il n’y aura pas de vote des militants.

Une réunion et une décision invalidée

Alors que s’est-il passé mardi soir ? Si le comité d’animation du groupe local des écologistes s’est bien réuni en visioconférence, celui-ci ne se serait pas tenu dans des conditions réglementaires acceptables et aura ainsi été invalidé comme l’explique Saïd Bouya, co-secretaire de ce comité qui jusqu’à peu partageait ce poste avec Julia Mignacca. En effet, ce comité d’animation, élu en janvier 2025 par 302 militants, réunissait les trois motions, « Rassembler » portée par Jean-Louis Roumégas et Coralie Mantion (47%, 5 sièges), « Faire ensemble » portée par Marie Massart et Stéphane Jouault des Écologistes pour Montpellier (31%, 3 sièges) et « Montpellier collectif » portée par Julia Mignacca (21%, 2 sièges).

Vidéos : en ce moment sur ActuLe soutien annoncé du national

Cette dernière ayant rejoint la candidate insoumise Nathalie Oziol, deux sièges sont donc vacants. De plus, sur les cinq sièges des Écologistes pour Montpellier, certains sont occupés par des personnes suspendus temporairement du parti. Pour le co-secrétaire de ce comité, qui de plus a rencontré des problèmes de connexion dans la soirée, cette réunion et la décision, à 7 voix contre 1, de mettre en place une consultation des militants, ne sont donc pas valables. Et ont été invalidés puisque Saïd Bouya affirme également avoir depuis contacté le national pour expliquer la situation et avoir reçu à nouveau son soutien. Quant au communiqué parti dans la soirée, il regrette son envoi sans avoir pu le valider avant…

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Des départs pour de la clarification

Comme d’habitude avec les Écologistes, et la plupart des partis politiques, tout est histoire de statut et d’application des règlements. Si le vote des militants sur la stratégie pourrait ou ne devrait pas avoir lieu, le comité d’animation du groupe local est donc à recomposer. Quant à Jean-Louis Roumégas, le candidat du Printemps Montpelliérain est bien décidé à poursuivre la campagne en laissant les polémiques derrière. « Le combat continue bien entendu et le cap est maintenu. Je n’ai pas envie de rentrer dans ces sujets. Je suis député, je ne me présente pas pour essayer de gagner une place, ce n’est pas ça le sujet. Le sujet, c’est de vraiment s’attaquer aux problèmes réels des montpelliérains et il y en a beaucoup ».

Génération.s toujours avec le Printemps Montpelliérain

Dans un communiqué, le groupe local de Génération.s, composante du Printemps Montpelliérain avec les Écologistes, l’APRÉS, L’Assemblée des Quartiers Populaires et Social, Démocratie et Écologie, revient sur le ralliement de son chef de file pour les municipales, Kevin Hoareau, à la liste de l’insoumise Nathalie Oziol. « La démission du chef de file met fin au mandat qui lui avait été confié. Comme il l’a précisé, sa «démarche est personnelle et n’engage pas Génération·s. Elle ne remet donc pas en cause la position collective exprimée par les adhérent·es de Génération·s Montpellier, ni l’engagement de nos militants à poursuivre une alternative écologique, sociale et démocratique, fondée sur des orientations différentes de celles portées par la majorité municipale sortante ».

Un vote interne a récemment été organisé durant lequel deux tiers des adhérents se sont prononcé pour poursuivre l’accord conclu le 13 août avec les Écologistes et le Printemps Montpelliérain. « Dans un contexte politique en évolution et en lien avec les échanges en cours au niveau national, Génération·s Montpellier continue d’agir avec responsabilité, dans le respect de ses valeurs démocratiques et de ses engagements locaux. Nous restons mobilisé·es pour construire, avec le Printemps Montpelliérain et l’ensemble des forces qui partagent cet objectif, une alternative écologique, sociale et démocratique pour Montpellier », réaffirment-ils.

Clarifications des positions chez les écologistes

Avec jusqu’à présent le soutien du national et affirmant, mais comme Manu Reynaud le dit aussi pour son groupe, avoir le soutien de la majorité des militants locaux, Jean-Louis Roumégas voit certes ses rangs clairsemés par plusieurs départs mais assiste également à une clarification de son entourage. Notamment dans sa famille politique. En effet, sur les douze écologistes de la future liste du Printemps Montpelliérain, les trois de la motion de Julia Mignacca sont partis chez Nathalie Oziol et les quatre de la motion des Écologistes Pour Montpellier, suite à la réunion du comité d’animation, ont annoncé s’en mettre en retrait. La liste des douze est donc à recomposer également. 

Jean-Louis Roumégas : « les électeurs trancheront »

« J’espère que la campagne va maintenant s’orienter sur les questions de fond et le débat d’idées. Il faut arrêter ces petites guéguerres de politicaillerie qui n’intéressent personnes. J’appelle tous les candidats à arrêter de commenter et tenter de déstabiliser les autres listes. Nous devons avoir un débat digne basé sur les sujets de fond et les électeurs trancheront », tente d’apaiser Jean-Louis Roumégas. S’il s’adresse aux autres candidats de ces municipales, le député écologiste pourrait également tenir ce discours dans sa famille politique. Il n’est d’ailleurs pas dit qu’il ait à s’en servir dans les semaines à venir. Rien n’est jamais écrit chez les Verts…

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