Par
Marie Lamarque
Publié le
29 janv. 2026 à 19h33
« Une caméra dans chaque rue » ou, plus précisément, « une caméra pour surveiller chacune des rues de Toulouse ». Voici l’une des premières mesures de campagne de l’équipe de Jean-Luc Moudenc.
La course s’accélère à un mois et demi du premier tour des élections municipales, le 15 mars prochain. Le maire de la Ville rose, candidat à sa réélection, fait de la sécurité « la première des priorités ». Il veut aller plus loin que financer l’installation de nouvelles caméras de vidéoprotection. Son ambition est aussi de faciliter le travail des policiers qui, chaque jour, passent plusieurs heures à consulter les images capturées, à la recherche d’un profil signalé. Pour ce faire, la liste « Protégeons l’avenir avec Jean-Luc Moudenc » mise sur l’Intelligence Artificielle (IA).
2 373 voies à surveiller, et bientôt 2 373 caméras ?
Y aura-t-il vraiment une caméra dans chacune des 2 373 rues, places et avenues toulousaines ? L’actuel locataire du Capitole vient préciser, ce jeudi 29 janvier 2026 : « Il n’y en aura pas forcément une par rue. Une caméra permet d’observer sur un rayon de 200 mètres, avec un angle de 360 degrés ». Autrement dit, intelligemment positionnée, sur un grand carrefour par exemple, une caméra peut suffire pour observer ce qui se passe dans plusieurs rues à la fois.
En tout, l’équipe a fait les comptes : elle veut installer 1 380 caméras supplémentaires pour arriver à une moyenne de « 46 caméras de vidéoprotection dans chaque quartier toulousain ». Elles pourraient s’ajouter aux 710 caméras déjà opérationnelles dans la Ville rose.

710 caméras sont déjà en fonctionnement à Toulouse. L’équipe de Jean-Luc Moudenc veut en installer 1 380 supplémentaires. (©Marie Lamarque / Actu Toulouse)Plus de caméras, et plus de travail pour la police
Plus de caméras c’est, selon l’équipe de Jean-Luc Moudenc, l’une des clés pour offrir plus de sécurité aux Toulousains. Mais pour les agents derrière les écrans au sein du quartier général de Basso Cambo, dans le Centre d’Information et de Commandement Opérationnel de la Police Municipale (CICOPM), ce sera aussi plus de temps de travail pour lire les images.
Vidéos : en ce moment sur Actu
Des images qui peuvent faire l’objet de réquisitions judiciaires dans le cadre d’enquêtes. Elles sont alors reprises par la police nationale, qui a la compétence dans ce domaine, « et cela doit le rester », souligne Jean-Luc Moudenc. En 2025, 2 073 vidéos ont été réquisitionnées, contre 50 réquisitions seulement en 2014.
Recours à l’IA, dans un cadre précis
Alors, comment faciliter le travail des policiers si le nombre de caméras devait, à terme, être pratiquement multiplié par deux ? « Le recours à l’IA », propose Jean-Luc Moudenc, mais dans un cadre précis, souligne le candidat.
Votre région, votre actu !
Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.
« La loi interdit l’utilisation de l’IA pour l’analyse des comportements. Elle ne servira qu’à assister les opérateurs pour une relecture plus rapide des vidéos dans le cadre de réquisitions ». L’objectif étant de « gagner en réactivité et de retrouver plus vite les auteurs après des signalements ».
Cas concret
Émilion Esnault, actuel adjoint au maire de Toulouse en charge de la sécurité, et membre de la liste de Jean-Luc Moudenc, avait déjà évoqué cette expérimentation en juillet dernier.
Il prend un exemple concret : les policiers sont à la recherche d’un homme armé qui a tiré dans l’espace public. Avec l’aide des images, les agents doivent maintenant retracer son parcours : d’où venait-il ? Où est-il allé ? « Relire les images peut prendre plusieurs heures. Il faut recontextualiser la scène. C’est un travail considérable », explique Émilion Esnault. Travail que l’IA pourrait alléger.
Son expérimentation pourrait se faire sous peu. Le lancement d’un test logiciel de relecture d’image sera soumis aux votes lors du prochain conseil municipal de Toulouse, le 12 février prochain.
Caméras : qui est pour, qui est contre ?
Grâce à la vidéoprotection, « 1 038 interpellations ont pu être réalisées », souligne enfin l’équipe de campagne. Preuve de l’efficacité, selon elle, de l’équipement en matière de sécurité.
Tandis que dans le camp de François Piquemal, candidat LFI aux élections municipales, on en a déjà dézingué l’utilité. Les caméras aident peu à « l’élucidation des affaires judiciaires » et « n’ont aucun effet dissuasif », avait balayé la liste « Demain Toulouse ».
Julien Leonardelli, candidat Rassemblement national, s’est, quant à lui, montré favorable au déploiement de caméras de vidéoprotection. « Le candidat de Fronton », comme l’a présenté Laura Verkaeren, colistière du maire sortant, « recycle tous nos dispositifs » et fait de la « surenchère rhétorique sur des outils que l’on a déjà mis place ». Le RN, premier parti attaqué, ce jeudi, par l’équipe du maire sortant, sur le terrain de la sécurité.

Emilion Esnault, Jean-Luc Moudenc et Laura Verkaeren. (©Marie Lamarque / Actu Toulouse)
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.