ENTRETIEN – L’intellectuel bulgare, directeur de recherche au Conseil européen des relations extérieures (ECFR), considère qu’avec la tentative de coup de force de Trump au Groenland, les Européens ont une fenêtre d’opportunité pour tenter de forger un nouveau consensus de toutes les forces politiques, y compris populistes, pour doter l’Europe d’une vraie autonomie.
LE FIGARO. – Auriez-vous imaginé, dans vos pires cauchemars, vous, intellectuel bulgare, un monde dans lequel la rechute du néototalitarisme impérial russe se conjugue avec une disparition de la garantie de sécurité américaine et un ébranlement du système démocratique aux États-Unis ? Que voyez-vous venir, vous pour qui l’Ouest était le référent ?
IVAN KRASTEV. – C’est une excellente question, parce qu’après 1989, paradoxalement, en Europe de l’Est, nous avions perdu notre intérêt pour la question de l’avenir. Nous avions le sentiment de savoir à quoi il ressemblait. L’avenir c’était l’Ouest ! Mais avec tout ce qui se passe, je vois de nouveau une différence entre l’Est et l’Ouest, sur la question de l’Ukraine, sur l’appréhension de Trump. À l’Ouest, en regardant la crise de la démocratie aux États-Unis, les gens disent « on n’a jamais vu ça ». Mais à l’Est on dit : nous avons déjà vu ça, mais pas « en anglais » ! Voir un système politique s’organiser…
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