l’essentiel
Mis K.-O. et sérieusement entaillé au front par un coup de pied, un rugbyman évoluant en Nationale 2 avec l’AS Fleurance a été recousu sur place par une gynécologue. Un épisode sanglant et singulier qui n’a pourtant pas entamé l’humour du Gersois.
Quatre jours après avoir reçu un crampon « en pleine carafe », Valentin Muradore préfère prendre sa mésaventure à la rigolade. Dimanche dernier, lors du déplacement de l’AS Fleurance (Gers) à Rumilly, en quatrième division, le rugbyman a été mis involontairement K.-O. en tentant un plaquage. « Après le choc, je tombe et je vois que je pisse le sang. Je n’ai jamais saigné comme ça », raconte le jeune homme de 26 ans.

Le rugbyman gersois Valentin Muradore arbore une impressionnante balafre qui lui barre le front.
Photo fournie
La plaie, béante, barre le haut de son visage et réclame aiguille et fil pour être refermée. Mais au lieu de filer dans un hôpital de Haute-Savoie, Valentin Muradore va bénéficier d’un coup de pouce du destin. Une spectatrice, gynécologue de profession et venue encourager son cousin sous les couleurs gersoises, propose ses services. « L’histoire est drôle ! Elle savait recoudre et ils avaient tous les équipements sur place », s’amuse le blessé. Neuf points de suture plus tard, le Gersois semble satisfait de l’intervention plus qu’insolite : « Ça évolue bien, ça a bien été recousu. »
« Je ne veux prendre aucun risque »
Une anecdote que le Fleurantin ne manquera pas de raconter lors des troisièmes mi-temps ou à ses clients, lui qui est commercial en dehors des terrains. La photo de son visage suturé et couvert de strips (relayée par Rugby Amateur), n’a pas manqué de faire le tour des réseaux. « Tout le monde était un peu au courant et a pris de mes nouvelles », raconte Valentin Muradore. « Tout le monde savait à quoi s’attendre », s’amuse-t-il, précisant même que certains clients l’appellent pour pouvoir admirer les dégâts.
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L’humour prédomine aujourd’hui, mais le rugbyman, qui voit une infirmière tous les jours, sait aussi qu’il va manquer les prochaines échéances avec l’ASF. « Je sors un point sur deux lundi prochain, mais je ne veux prendre aucun risque avec mon visage, assure-t-il. Je ne vais probablement pas pouvoir jouer le bloc. » S’il est momentanément privé de terrain, le joueur n’a pas pour autant perdu son sens de l’observation.
Après mûre réflexion, Valentin Muradore a fini par démasquer les coupables. Adepte de la coinche, jeu de cartes populaire dans le vestiaire gersois, le rugbyman soupçonne avec humour ses coéquipiers Victor Colas et Thomas Cantaloup d’avoir comploté avec l’adversaire. « Mais j’ai quand même été invaincu dans le bus du retour », savoure-t-il en riant.