La soupe à la grimace. Congédié de la Ligue des champions, après le son du gong, l’OM n’a pas encore retrouvé ses esprits. Si le club avait choisi de préparer le déplacement au Paris FC (samedi 17h), en se rendant au CNF de Clairefontaine avant de connaître son avenir européen, cette retraite dans le domaine des Bleus n’a pas été balayée par l’élimination. Partis du stade Jan-Breydel un peu avant 1h du matin, dans la nuit de mercredi à jeudi, à bord de mini-bus et non de leur car officiel, les Olympiens sont arrivés en région parisienne en plein milieu de la nuit, aux alentours de 4 heures. Jusque-là tout était (plutôt) normal.

Moins au réveil, quand Leonardo Balerdi et sa bande ont eu la surprise de ne pas voir Roberto De Zerbi diriger l’entraînement. Le technicien lombard, qui n’est pas entré dans son vestiaire après la cinglante défaite enregistrée à Bruges (3-0), avant d’apparaître très touché en conférence de presse (« J’ai honte, je suis très fâché, je suis le responsable »), s’est fait porter pâle. D’après les informations de RMC, publiées en milieu d’après-midi, son avenir à l’OM serait en danger, au cœur des discussions entre l’intéressé et ses dirigeants.

Une version que l’on ne confirme pas sur les hauteurs de La Commanderie, où l’on glisse qu’un départ ne serait pas la tendance avant de défier le PFC, tout en reconnaissant que « Roby » accuse le coup et n’a pas pu tenir son rôle ce jeudi, à Clairefontaine, pour raisons personnelles.

« C’est plus facile de changer un coach que vingt joueurs »

« Souvent, quand il se passe ce genre de défaite dégoûtante, horrible, les gens ont tendance à ramener la faute un peu sur le coach. C’est plus facile de changer un coach que vingt joueurs, avait rappelé Medhi Benatia, dans les entrailles du stade Jan-Breydel, avant de tirer à boulet rouge sur ses joueurs. Mais moi, j’assiste aux causeries. Toute la semaine, le coach a prévenu que Bruges est une équipe qui démarre très fort, capable de marquer 3, 4 buts dans le premier quart d’heure. S’il y a un joueur dans la surface et qu’on est quatre à le regarder, et qu’il n’y en a pas un qui le marque, c’est la faute du coach ? »

Il n’empêche, un vrai malaise règne au club. « Dans ce climat, on imagine difficilement une suite », souffle un proche du vestiaire. D’autres sources estiment le statut de De Zerbi fragilisé par les récents résultats. Ses choix tactiques jugés suicidaires pour défier le Club Bruges, et d’hommes, interrogent alors que ses relations avec sa direction se seraient considérablement refroidies ces dernières semaines. « Il y a tellement de problèmes en interne, grince-t-on. En ce moment, ils ont tous la tête en fusion. »

L’ambiance ne serait pas, non plus, au beau fixe dans l’intimité du groupe, où la méforme de plusieurs cadres rendrait leurs nombreuses prises de parole et remontrances difficilement audibles. L’absence de concurrence à certains postes, du moins ressentie comme tel, crispe également. « Il n’y a pas de rupture entre De Zerbi et ses joueurs. Au contraire ! », nuance-t-on toutefois dans l’entourage d’un d’entre eux. Est-ce suffisant, et le bon moment, pour renverser la table ?