Relation Royaume-Uni Chine – Le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé qu’il souhaitait une « relation sophistiquée » avec la Chine, à l’issue de sa rencontre avec le dirigeant chinois Xi Jinping à Pékin, le 29 janvier.
Les deux hommes ont appelé de leurs vœux un « partenariat stratégique » afin d’améliorer les relations entre leurs pays.
« Travailler ensemble sur des enjeux tels que le changement climatique, la stabilité mondiale en ces temps difficiles pour la planète est précisément ce que nous devrions faire », a déclaré M. Starmer à M. Xi au début de leur entretien de 80 minutes à Pékin.
M. Xi a indiqué que les relations entre les deux pays avaient connu des revers ces dernières années, ajoutant qu’ils devaient renforcer leur coopération au service de la paix et de la stabilité dans le monde.
Les services de Downing Street ont précisé que le Royaume‑Uni souhaitait « un partenariat cohérent, de long terme et stratégique qui bénéficiera aux deux pays ».
« La relation est dans un bon état, dans un état solide », a insisté le dirigeant britannique.
Les relations entre Londres et Pékin se sont tendues ces dernières années, en partie en raison de la répression chinoise dans l’ancienne colonie britannique de Hong Kong, et en partie à cause d’éléments attestant une intensification de l’espionnage et de la répression transnationale menés au Royaume‑Uni par des responsables du Parti communiste chinois (PCC).
« Les services de renseignement chinois sont extrêmement performants et mènent de vastes opérations d’espionnage contre le Royaume‑Uni afin de promouvoir les intérêts de l’État chinois et de nuire aux intérêts et à la sécurité du Royaume-Uni », a déclaré le conseiller adjoint à la sécurité nationale de M. Starmer, Matt Collins, dans une déclaration écrite en août 2025.Mais le 20 janvier, le gouvernement Starmer a approuvé la construction d’une nouvelle ambassade chinoise considérablement agrandie en plein centre de Londres, un projet qui avait suscité de vives controverses.En novembre 2025, Bob Blackman, député conservateur, a confié à Epoch Times que le PCC avait, à plusieurs reprises, tenté de capturer des ressortissants chinois sur le sol britannique.
« C’est pour cela que cette super‑ambassade est très préoccupante », a déclaré M. Blackman. « Il y a largement de quoi aménager des cachots. S’ils capturent ces ressortissants chinois, cela pose un véritable problème. »
Victor Gao, ancien conseiller du régime chinois, a indiqué à Times Radio, le 19 octobre 2025, que si le projet de super‑ambassade était rejeté, le PCC pourrait en représailles refuser le projet de reconstruction, à hauteur de 132 millions de dollars, de l’ambassade britannique à Pékin.
M. Starmer et M. Xi doivent signer plusieurs accords cette semaine, mais il n’est pas certain que la reconstruction de l’ambassade britannique à Pékin soit officiellement annoncée.
Le mois dernier, un tribunal de Hong Kong a condamné Jimmy Lai, ancien patron de presse et l’un des critiques les plus virulents du régime communiste chinois dans le territoire, en vertu d’une loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin. M. Lai est citoyen britannique.
M. Starmer a déclaré avoir évoqué la question des droits de l’homme avec M. Xi et assuré qu’ils en avaient discuté « dans le respect mutuel ».
Le président américain Donald Trump a indiqué, le 22 janvier, qu’il se rendrait en Chine en avril et qu’il s’attendait à ce que M. Xi effectue une visite aux États‑Unis plus tard dans l’année.
M. Trump a affirmé avoir maintenu une bonne relation avec M. Xi malgré les différends qui opposent leurs pays sur certains dossiers, citant notamment les tensions nées pendant la période du Covid‑19, sur fond de désaccords concernant l’origine du virus.
M. Starmer est le premier Premier ministre britannique à se rendre en Chine depuis Theresa May, en 2018.
Discussions sur le whisky et les visas
À l’issue de son entretien avec M. Xi, M. Starmer a indiqué que les deux dirigeants avaient réalisé « de très bons progrès » sur des dossiers commerciaux, notamment la réduction des droits de douane imposés par la Chine au whisky écossais et la possibilité, pour les Britanniques, de se rendre en Chine sans avoir besoin de visa.
« La relation est dans un bon état, dans un état solide », a répété M. Starmer.
L’un des accords qui doivent être signés plus tard dans la journée du 29 janvier porte sur le démantèlement du commerce de moteurs de bateaux chinois utilisés par des passeurs pour acheminer des immigrés illégaux à travers la Manche depuis la France et la Belgique.
Le gouvernement britannique affirme que plus de la moitié de ces moteurs sont fabriqués en Chine.
En vertu de cet accord, les autorités chinoises s’engagent à coopérer avec la National Crime Agency (NCA) britannique et d’autres services répressifs pour empêcher les passeurs de se procurer ces moteurs.
Au début du mois, un ressortissant turc, Adem Savas, a été condamné à 11 ans de prison par un tribunal de Bruges, en Belgique.
La NCA a indiqué que M. Savas avait fourni des milliers de bateaux et de moteurs à des réseaux de passeurs, dont un chef kurde du crime organisé, Hewa Rahimpur.
L’Associated Press et PA Media ont contribué à cet article.