Publié le 29/01/2026 21:01
Mis à jour le 29/01/2026 21:10
Temps de lecture : 3min – vidéo : 3min
Après plusieurs jours de manifestations en Iran, la situation semble revenue au calme. Mais derrière cette apparente normalité, témoignages et images révèlent une répression sévère, des arrestations et une population marquée par la peur et le désespoir.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Des manifestants nombreux, galvanisés et appelant à la liberté. C’était le 9 janvier dernier. Des images exclusives nous sont envoyées par un journaliste qui était au cœur des manifestations. Des voitures sont brûlées. Elles symbolisent le pouvoir de l’ayatollah Khomeiny et de son bras armé, les gardiens de la révolution.
Aujourd’hui, le journaliste marche dans ces mêmes rues, devenues parfaitement calmes. Les habitants font leurs achats, les magasins sont ouverts. La répression sanglante a, pour l’instant, étouffé la rébellion. « Maintenant, c’est un peu le désespoir. Beaucoup de gens ont été tués et la promesse du président américain d’intervenir n’a pas été tenue. La population n’a pas atteint son but. C’est pour ça qu’il y a de la tristesse », explique le journaliste.
Symbole de la répression, une terrible image : une jeune femme jetée à terre en marge d’une manifestation. L’homme qui la frappe violemment à plusieurs reprises est habillé en civil. Les gardiens de la révolution sont connus pour ne pas toujours porter leurs uniformes. La manifestante est ensuite emmenée dans un lieu inconnu.
Notre journaliste rencontre, dans un hôpital, un médecin. Ce professionnel de santé espère une intervention américaine et témoigne anonymement : « Beaucoup de blessés sont morts chez eux parce qu’ils ne voulaient pas aller à l’hôpital. Certains sont donc enterrés dans leur jardin. Et beaucoup de familles ont peur de récupérer les corps de leurs proches à l’hôpital parce qu’elles ne veulent pas être repérées et réprimées. »
Un étudiant, lui aussi, a participé aux manifestations. Il passe devant son université, toujours fermée sur ordre du régime. Il a perdu des amis pendant les événements. Selon lui, c’était l’horreur dans les hôpitaux surveillés par les gardiens de la révolution : « C’était tellement épouvantable. Des personnes blessées sont allées se faire soigner dans les hôpitaux et elles ont été achevées au couteau pour ne pas témoigner », confie-t-il.
L’Iran est aujourd’hui muselé par la répression et noyé sous la propagande du régime. Sur cette pancarte, les manifestants sont assimilés à des casseurs. Et sur une place centrale, notre journaliste filme une immense affiche : celle des manifestations pro-régime organisées par le pouvoir.