La santé n’est plus un thème périphérique des campagnes municipales. Les sondages récents le confirment : elle arrive régulièrement en tête des préoccupations des Français, devant la sécurité ou la gestion des finances locales. Selon une enquête CSA pour France Assos Santé publiée à l’automne 2025, 70 % des citoyens placent la santé parmi leurs attentes prioritaires vis-à-vis de leur futur maire, et 37 % citent explicitement le maintien et le développement de l’accès aux soins comme la priorité numéro un.

Si les communes ne disposent pas de compétences sanitaires directes comparables à celles de l’État ou des agences régionales de santé, elles sont néanmoins attendues sur leur capacité à agir concrètement, à faciliter l’installation de professionnels, à soutenir des dispositifs innovants ou à créer un environnement favorable à la santé. Dans ce contexte, Nancy, Metz et Thionville constituent trois cas d’école à l’échelle lorraine.

Nancy, une politique d’inclusion

De manière générale, la ville de Nancy bénéficie d’une couverture médicale jugée globalement satisfaisante et elle figurait en 2024 parmi les 20 villes françaises où l’accès aux soins est le plus simple, selon un classement du Parisien. Pour autant, la difficulté à trouver un médecin traitant demeure, notamment en raison des départs à la retraite et du manque de nouveaux installés.

« Même dans une ville universitaire comme Nancy, de nombreuses personnes renoncent aux soins pour des enjeux économiques. » 

Mathieu Klein, maire de Nancy, lors du lancement d’une mutuelle communale. 

En parallèle, la municipalité actuelle choisi de mettre l’accent sur une approche inclusive, avec le déploiement de plusieurs actions en faveur de l’accès aux soins depuis 2020. On peut citer notamment la mise en place d’une mutuelle communale en 2025 visant à lutter contre le renoncement aux soins. « Même dans une ville universitaire comme Nancy, de nombreuses personnes renoncent aux soins pour des enjeux économiques », déclarait ainsi le maire Mathieu Klein lors du lancement de la mutuelle communale.

Autre projet emblématique, la halte soins addictions (HSA), destinée à offrir une prise en charge sanitaire et sociale des personnes dépendantes, mais dont la concrétisation se heurte encore à la difficulté de trouver un site adapté.

Metz, des projets structurants

À Metz et dans le nord messin, l’enjeu sanitaire se joue à une échelle plus large. Parmi les projets structurants figure le futur hôpital privé Elsan à Maizières-lès-Metz, dont l’ouverture est prévue en 2026. Bien que le groupe Elsan soit une entité privée, son implantation à Maizières-lès-Metz est cruciale pour l’accès aux soins de la population locale.

L’enjeu pour la collectivité ne réside pas ici dans le financement direct, mais dans la capacité des élus à utiliser ce pôle de santé pour diminuer la pression sanitaire et favoriser l’installation de médecins généralistes aux alentours.

Autre chantier central, l’universitarisation du CHR Metz-Thionville, portée de longue date par les élus mosellans et dont l’objectif est d’améliorer l’attractivité médicale du territoire en développant la formation, la recherche et l’accueil d’internes, afin de lutter durablement contre les difficultés de recrutement.

Thionville, un enjeu renforcé par le transfrontalier

À Thionville, comme dans l’ensemble du nord lorrain, la problématique revêt une importance particulière du fait de la dimension transfrontalière, avec notamment la proximité du Luxembourg et les difficultés qui en découlent. Lors du dernier conseil communautaire de Thionville Fensch Agglomération, le président Pierre Cuny, également maire de Thionville et ancien médecin de profession, résumait l’enjeu : « Ce que je veux, c’est que sur tout endroit de notre territoire, les gens puissent se faire soigner. »

En face, le candidat communiste Pierre Noller propose notamment la création d’une maison communale de la santé, preuve que la thématique dépasse largement les clivages partisans et de l’importance particulière que revêt cette thématique dans ce territoire du nord lorrain.

Dans les trois villes, une même réalité s’impose. En effet, si la Lorraine urbaine n’est pas un désert médical au sens strict, l’accès effectif aux soins, la disponibilité des professionnels et l’anticipation des besoins futurs constituent des défis majeurs.

Tous les articles de notre dossier « Municipales en Lorraine : les sept thèmes capitaux » sont à retrouver ici.