Google a demandé à Barb et à Kantar d’interrompre un service qui mesurait et comparait l’audience de YouTube sur les téléviseurs avec celle de la télévision classique et des plateformes de streaming.
Ce dispositif devait permettre aux annonceurs d’évaluer les performances de YouTube et de la TV à l’aide d’outils de mesure comparables.
Evolution de la mesure des audiences YouTube sur téléviseur
Barb a commencé à mesurer, dès 2021, la consommation de contenus officiels des diffuseurs sur YouTube via les téléviseurs. Channel 4 et ITV avaient notamment conclu des accords avec YouTube pour proposer des épisodes complets de leurs programmes sur la plateforme.
Kantar Media, qui collecte les données du panel TV de Barb, était chargé d’identifier quand ces chaînes YouTube sont regardées sur un téléviseur par les membres du panel. Pour ce faire, il utilise une technologie de reconnaissance automatique du contenu basée sur l’audio, couplée à la détection des URL via des routeurs installés dans les foyers du panel.
Cette initiative fait suite à un test pilote réussi mené par Kantar pour Barb en novembre 2024. Celui-ci a permis de suivre 175 vidéos issues de 12 chaînes YouTube populaires, mêlant contenus pour enfants, vidéos de célébrités YouTube et clips musicaux, détaillait The Media Leader UK.
Barb et Kantar ont suspendu le service
Selon le Financial Times, Google estime que cette initiative enfreint les règles de YouTube, car elle s’appuierait sur des données permettant d’identifier précisément les chaînes ou les créateurs regardés. À la suite de cette mise en demeure, Barb et Kantar ont suspendu le service.
Pour le Financial Times, cet épisode illustre les tensions liées à la transformation du paysage télévisuel et à la montée en puissance des plateformes numériques. Pour l’industrie des médias au Royaume-Uni, cette suspension constitue un recul dans les efforts de modernisation de la mesure d’audience, alors même que le visionnage de YouTube sur les écrans de télévision continue de progresser.
L’absence d’outils de mesure indépendants limite ainsi la capacité des annonceurs à comparer efficacement les performances entre plateformes et relance le débat sur la propriété des données, le contrôle des plateformes et l’avenir de la mesure d’audience à l’ère numérique.