Danone a rappelé au moins trois lots de son lait infantile Aptamil en Allemagne, selon une lettre adressée à un grossiste consultée jeudi, alors que le groupe agroalimentaire français tente de contenir une alerte à la contamination par une toxine ayant débuté avec des produits Nestlé.

Dans une lettre datée du 26 janvier, Danone Deutschland a demandé au grossiste Alliance Healthcare de retirer certains lots d’Aptamil produits entre mai et août 2025. La lettre, publiée par la pharmacie en ligne Shop Apotheke, indique que Danone pense que le grossiste ne dispose plus, ou presque plus, de stocks restants, ayant reçu depuis de nouvelles livraisons de produits.

Danone avait déclaré vendredi qu’il rappelait des lots spécifiques de lait infantile sur certains marchés ciblés. Le groupe n’a pas précisé quelles marques ou quels pays étaient concernés, ni le volume de produits, mais a souligné qu’il estime ses produits sûrs et conformes à l’ensemble des réglementations de sécurité applicables.

Danone n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire jeudi. 

Les premières inquiétudes concernant les produits sont apparues en décembre, mais se sont intensifiées dès début janvier lorsque Nestlé a annoncé le retrait de certains lots de ses produits de nutrition infantile, dont les laits SMA, BEBA et NAN, en raison d’une possible contamination par la toxine céréulide, susceptible de provoquer nausées et vomissements.

Les rappels ont touché des dizaines de pays et se sont depuis étendus à d’autres producteurs français, Lactalis et Vitagermine, faisant peser des pertes combinées supérieures à 1 milliard de dollars. L’action Danone a perdu près de 13% au cours des deux dernières semaines.

Des enquêteurs français examinent actuellement un possible lien entre le décès de deux nourrissons et les laits infantiles rappelés.

Jeudi, l’Office fédéral allemand de protection des consommateurs et de la sécurité alimentaire a indiqué que certains lots de produits Danone étaient retirés du marché et qu’un rappel officiel ne pouvait être lancé que lorsque les produits sont avérés avoir atteint les consommateurs.

Ces rappels illustrent la façon dont un ingrédient compromis peut se propager dans le secteur très réglementé de la nutrition infantile, entraînant des réactions rapides des autorités et des secousses sur les marchés.

La céréulide, une toxine produite par la bactérie Bacillus cereus, a été détectée dans un ingrédient fourni par un sous-traitant. Le ministère français de l’Agriculture a indiqué que le produit provenait de Chine, tandis que l’Autorité de sécurité alimentaire irlandaise a précisé que la céréulide avait été retrouvée dans de l’huile d’acide arachidonique fabriquée en Chine.