Basée à Montpellier, la start-up Efea accompagne les agriculteurs dans l’installation de centrales solaires. Entre protection des cultures et revenus complémentaires, la société entend sécuriser l’avenir des exploitations face au changement climatique sans sacrifier la vocation nourricière du sol.

Face à l’urgence climatique et aux besoins de souveraineté énergétique, la conciliation entre production électrique et culture de la terre devient un enjeu majeur pour le monde rural français Dans ce contexte, la start-up Efea accompagne les agriculteurs dans le développement de centrales solaires sur leurs parcelles, qu’il s’agisse de viticulture, de grandes cultures ou d’élevage.

Le service repose sur l’installation de structures agrivoltaïques techniques, comme des trackers mobiles pilotables, tout en garantissant une protection juridique à l’exploitant.

L’objectif de la société est clair : sécuriser l’avenir des exploitations par la diversification des revenus. « Nous essayons de redonner de la valeur à la terre sans jamais sacrifier la vocation nourricière du sol » explique Vincent Lorioux, fondateur de la structure montpelliéraine.

Un modèle économique sous haute surveillance

Le secteur de l’agrivoltaïsme suscite pourtant des interrogations sur la pérennité réelle des exploitations. Pour le dirigeant, la transparence est de mise face aux critiques : « L’idée n’est pas de transformer les paysans en producteurs d’énergie, mais de pérenniser leur activité agricole initiale en leur apportant des revenus complémentaires ».

Créée il y a six ans, la société a levé l’an dernier auprès du géant Octopus Energy, désormais actionnaire majoritaire, une somme jalousement gardée secràte (autour de 6 M€ selon nos informations). Cette assise financière permet de porter des projets d’envergure, souvent sur une quinzaine d’hectares, malgré les contraintes techniques et administratives qui ralentissent parfois le déploiement.

Des projets adaptés à la réalité du terrain

Les disparités régionales imposent une flexibilité dans le choix des terrains. « Dans le sud, nous avons plutôt de petites parcelles, donc nous gérons des projets de 5 à 6 hectares » précise le fondateur. Cette adaptation locale est indispensable pour éviter l’artificialisation massive des terres.

L’expertise foncière du dirigeant est l’un des piliers de la start-up pour rassurer les propriétaires et les exploitants souvent échaudés par les promesses du secteur. « Nous sommes sur des grosses centrales car, dans notre secteur, ce sont les économies d’échelle qui permettent de faire une électricité pas chère » conclut ce dernier.