Trouver un logement à louer relève toujours du parcours du combattant. En 2025, le marché locatif privé s’est encore tendu, avec une offre en net recul et des propriétaires bailleurs de plus en plus nombreux à quitter le secteur. Les professionnels de l’immobilier tirent la sonnette d’alarme, alors que la demande, notamment étudiante, reste très forte.

À Paris, Lyon ou dans les grandes villes, la pénurie saute aux yeux. Les chiffres avancés par les acteurs du marché illustrent une situation devenue critique pour des milliers de ménages en quête d’un toit.

Une offre locative en chute libre dans les grandes villes

Le constat est sans appel. Le groupe immobilier Foncia, leader de la gestion locative en France, a vu en 2025 l’ensemble de ses indicateurs passer dans le rouge. À Paris, le stock de logements disponibles atteint un niveau historiquement bas. « J’ai à peine 90 logements à louer à Paris », dont une dizaine de parkings, et seulement « 22 logements disponibles à Lyon », a expliqué Zahir Keenoo, président de Foncia ADB, lors d’une conférence de presse.

La comparaison avec les années précédentes est frappante. Sandrine Aucis, directrice développement et location à Paris de Foncia, rappelle avoir connu « des périodes avec 150 à 200 biens à louer ». Elle parle aujourd’hui d’une baisse drastique du stock, qui complique chaque mise en location.

Les données publiées par le groupe confirment cette tendance lourde. En 2025, le nombre de logements disponibles à la location a reculé de 7% par rapport à 2024. Dans le même temps, les contrats de location signés ont diminué de 3,5%, preuve d’un marché qui se grippe.

Des candidats locataires confrontés à une pénurie extrême

Face à cette raréfaction, la demande ne faiblit pas. « Impossible de répondre à tous les étudiants qui arrivent », reconnaît Zahir Keenoo. La tension est particulièrement forte dans les métropoles, les villes étudiantes et les zones touristiques, où la concurrence entre candidats est féroce.

Pour les ménages, la recherche vire souvent à l’impasse. Bertrand, 31 ans, futur père, témoigne de sa difficulté à trouver un logement plus grand à Paris. « C’est très compliqué car il n’y a quasi rien », explique-t-il. En quatre mois, avec sa femme, ils n’ont visité que quatre appartements.

Le manque d’offres pour les trois-pièces est particulièrement criant. « Il y a tellement peu d’offres », les annonces disponibles « sont affichées à peine deux heures ou sont hyper chères », poursuit-il. Même le dépôt de dossier devient un obstacle. « On ne trouve même pas d’appartement où déposer des dossiers », déplore Bertrand, évoquant des échanges tendus avec certains professionnels.

Le découragement des propriétaires au cœur de la crise

Pour les professionnels de l’immobilier, l’origine du problème est claire. La situation était déjà tendue depuis plusieurs années, mais « c’est de pire en pire », constate Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt France. En cause, la fuite des propriétaires bailleurs particuliers, découragés par un contexte jugé de plus en plus contraignant.

Foncia indique que parmi les 12.000 propriétaires ayant retiré leur mandat de gestion, 47% ont choisi de vendre. Ils invoquent des « contraintes réglementaires grandissantes » et une « rentabilité dégradée ». D’autres préfèrent gérer seuls, basculer vers la location saisonnière ou différer des travaux coûteux.

Frédéric, professionnel de l’immobilier à la retraite, confirme que le coût des travaux est devenu un frein majeur, notamment les rénovations énergétiques obligatoires. Propriétaire d’une cinquantaine de logements, il souligne que cette situation reste minoritaire, seuls 246.000 individus détenant plus de dix logements selon l’Insee.

Aux dépenses de rénovation s’ajoutent les prélèvements fiscaux. « Impôt sur le revenu, contribution sociale généralisée (CSG), impôt sur la fortune immobilière, taxe foncière, je suis à environ 84% de retenues. Il ne reste rien », se plaint-il, évoquant une trésorerie désormais négative.

Pour Yann Jéhanno, le diagnostic est sans détour. « Le parc locatif tourne moins, il n’y aura pas de solution tant qu’on ne relance pas l’investissement ». Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier, estime également que « les contraintes actuelles ne contribuent pas à renforcer l’offre en quantité suffisante ».

Les récentes annonces gouvernementales pourraient toutefois redonner un peu d’espoir. Un dispositif d’investissement locatif a été intégré au projet de budget pour 2026, adopté via un 49.3. Il reprend les principes du « statut du bailleur privé », avec des conditions présentées comme plus favorables, y compris pour les logements anciens sous réserve de travaux importants.

Nice-Presse avec des contenus de l’AFP