La féminisation et le rajeunissement des acteurs du narcotrafic ne sont plus vraiment une nouveauté. En 2024 déjà, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, relevait la part grandissante de femmes dans la logistique du narcotrafic surtout, et du narcobanditisme parfois. « Cela fait plusieurs années que l’on n’est plus sur la simple nourrice », constate-t-on jusque dans les rangs de la police judiciaire, où il n’est plus rare que les enquêtes aboutissent à des mises en examen de jeunes femmes pour des faits de complicité d’assassinat.

Sur le terrain aux abords des points de deal, « on tombe parfois sur des ravitailleuses accompagnées de leurs enfants pour faire plus discret », relève un policier affecté dans les quartiers Nord de Marseille. Il en va de même pour les livreurs « Uber shit », parfois des « livreuses » aussi. Mais la parade n’aura été efficace qu’un temps. Être une femme n’est désormais plus forcément un gage de discrétion pour échapper au soupçon des forces de l’ordre.

Plusieurs milliers d’euros de produit sur elle

Alors que quelque 1200 policiers et gendarmes sont mobilisés depuis ce mercredi et jusqu’au 31 janvier pour mener des opérations de contrôle en masse dans le département, ce soir du 28 janvier 2026, vers 21h, dans le 15e arrondissement de Marseille, ni la jeunesse, ni les atours n’auront permis à cette petite main du trafic d’échapper à l’attention d’une patrouille de police déployée dans le quartier de la Bricarde.

Lors de sa fouille, la jeune femme qui s’est avérée âgée de seulement 17 ans, a été trouvée en possession d’un demi-kilo de résine de cannabis, quelques dizaines de grammes d’herbe de la même essence, et pas moins d’une cinquantaine de grammes de cocaïne, soit l’équivalent au détail de plusieurs milliers d’euros de stupéfiants. En outre, 900€ en liquide ont été saisis sur la suspecte, qui a été interpellée et placée en garde à vue.