Djokovic est encore là, mais grâce à un coup du destin : malgré son jour de récupération supplémentaire après le forfait de Jakub Mensik en 8es de finale, le Serbe s’est fait marcher dessus par Lorenzo Musetti (5e mondial) en quarts. Plus précis, plus rapide, l’Italien avait enfin trouvé la clé pour battre Djoko, avant que sa jambe ne l’abandonne alors qu’il menait 2 sets à zéro, 1-3 dans le 3e. Djokovic aurait dû perdre ce match, et l’a reconnu.

Carré d’as

Un scénario improbable lui a donc permis d’accéder à un dernier carré d’as réunissant les quatre meilleurs joueurs au classement, dans son jardin, là où il a soulevé le trophée à dix reprises. Et le voilà maintenant confronté au double tenant du titre Jannik Sinner, un joueur qui a pris l’ascendant récemment sur le Serbe même si ce dernier mène dans leurs confrontations (6-4). « Je crois que j’ai perdu contre lui quatre ou cinq fois de suite. Donc oui, il joue vraiment à un niveau exceptionnel en ce moment, tout comme Carlos. Ce sont les deux meilleurs joueurs du monde », a souligné Djokovic, dont le rêve de nouveau titre en Grand Chelem est conditionné à sa capacité à battre l’un des deux, voire les deux.

Les deux l’ont déjà sorti trois fois sur les quatre demi-finales que Nole a atteintes en 2025 en Grand Chelem (US Open, Wimbledon, Roland-Garros), et lors de sa dernière finale en Grand Chelem, à Wimbledon en 2024, il avait subi la loi d’Alcaraz. Il n’a donc plus gagné en Grand Chelem depuis l’US Open en septembre 2023, une éternité dans le tennis.

Preuve d’un orgueil toujours aussi vif, le Serbe a peu goûté qu’en conférence de presse, la question lui soit posée de savoir s’il chassait ces deux ogres. « Je n’ai pas l’impression d’être à la poursuite de quelqu’un. Je crée ma propre histoire. Roger et Rafa seront toujours mes plus grands rivaux », a-t-il rappelé. « On a de la chance qu’il (Djokovic) soit toujours là à jouer un tennis incroyable à son âge (38 ans) », a déclaré pour sa part Sinner.

Au milieu de ces trois multi-vainqueurs de Majeurs, Alexander Zverev (3e) est, lui, en quête d’un tout premier trophée en Grand Chelem. Mine de rien, il déroule depuis le début du tournoi. Et si l’attention se focalise sur le duo Alcarza-Sinner, cela ne lui fait pas perdre de vue son objectif. « Bien sûr, je veux toujours y parvenir », a-t-il assuré après sa victoire contre la pépite Learner Tien (29e) en quarts.

Plafond de verre

Zverev affrontera Alcaraz vendredi et se trouve dans l’obligation de briser son plafond de verre à l’approche du trophée. L’Allemand n’a a priori pas de complexe à avoir face au N.1 mondial : ils sont à égalité six victoires chacun dans leurs duels et Zverev avait éliminé Alcaraz en quarts à Melbourne en 2024. Mais il manque parfois à l’Allemand ce supplément d’âme pour se transcender dans ces moments cruciaux, lui qui a déjà échoué trois fois en finale de Grand Chelem (2020 à l’US Open, 2024 à Roland Garros et 2025 à l’Open d’Australie).

Alcaraz, qui n’a jamais gagné à Melbourne, n’a pas perdu un set depuis le début du tournoi. Il a surtout écœuré Alex de Minaur en quarts. Impressionné par son niveau de jeu, l’Australien a assuré que l’Espagnol ne faisait « presque plus de fautes directes ».