L’Union européenne et l’Inde ont officialisé, le mardi 27 janvier, la signature d’un accord de libre-échange visant à réduire, voire supprimer, les droits de douane sur une large gamme de produits échangés entre les deux zones. L’industrie du poids lourd figure parmi les secteurs concernés et l’indien Tata Motors qui rachète l’européen Iveco pourrait tirer profit de cet accord. Plus largement, c’est l’ensemble de l’industrie automobile qui devrait être l’une des grandes gagnantes de cet accord.

Un calendrier idéal pour le rachat d’Iveco par Tata Motors

Cet accord intervient à un moment particulièrement opportun pour Tata Motors, qui prévoit de finaliser l’acquisition d’Iveco au second trimestre 2026. L’opération concerne les activités camions, bus et moteurs, à l’exclusion de la division Défense.

Dans ce contexte, Iveco pourrait renforcer sa présence sur le marché indien, notamment via la vente directe de véhicules. Même si l’assemblage est réalisé localement, la suppression des droits de douane facilitera l’exportation de pièces détachées européennes à des coûts nettement plus compétitifs. De quoi s’interroger : Tata a-t-il anticipé la signature de cet accord pour optimiser les bénéfices de cette acquisition ?

Des effets positifs au-delà du secteur du poids lourd

Au-delà des impacts directs sur l’automobile et les véhicules industriels, l’accord profitera également aux fabricants de composants et de pièces détachées. Les droits de douane seront progressivement supprimés sur une période de 5 à 10 ans, simplifiant l’assemblage local et les opérations de maintenance.

Le chapitre « Accès au marché » prévoit par ailleurs un assouplissement des règles dans les secteurs des transports et des services stratégiques. Cette évolution favorisera l’exportation de machines, de technologies et de savoir-faire industriel, notamment français.

Enfin, l’accord va bien au-delà de l’automobile : il prévoit la suppression des droits de douane sur 96,6 % des biens échangés, incluant l’acier, la chimie et les machines-outils.

Les constructeurs européens de poids lourds déjà bien implantés en Inde

Trois grands constructeurs européens sont déjà solidement installés sur le marché indien.

Daimler Truck est présent via sa filiale Daimler India Commercial Vehicles (DICV). Le groupe y produit la marque BharatBenz, qui associe ingénierie allemande et fabrication locale. Plus de 200 000 camions ont déjà été produits, tandis que des modèles premium comme le Mercedes-Benz Actros sont également assemblés sur place.

Volvo Group est implanté en Inde depuis 1998. Le constructeur domine le segment premium, notamment dans les secteurs miniers et le transport de charges lourdes. Il opère à travers Volvo Group India et la coentreprise VE Commercial Vehicles (VECV) avec Eicher Motors. Des modèles récents, comme le Volvo FM 420 LNG, sont désormais livrés à des acteurs majeurs de la logistique indienne.

Scania, de son côté, se concentre sur des segments spécialisés tels que les mines et le transport routier haut de gamme. Le constructeur met fortement l’accent sur les véhicules durables et a récemment été récompensé en Europe pour l’efficacité énergétique de son modèle Scania Super.

L’automobile, grande gagnante de l’accord

Si le poids lourd bénéficie clairement de l’accord, c’est surtout l’industrie automobile européenne qui en sortira renforcée. Le texte prévoit un quota annuel de 250 000 véhicules produits en Europe – dont 160 000 véhicules thermiques et 90 000 électriques – bénéficiant de droits de douane ramenés à 10 %, contre 110 % auparavant.

Avant son entrée en vigueur, l’accord devra encore être ratifié par les États membres de l’Union européenne ainsi que par le Parlement européen.

Ça peut (aussi) vous intéresser
Hervé Rébillon Hervé RébillonLes derniers articles par Hervé Rébillon (tout voir)