D’emblée, sur un ton très formel, il s’explique et demande pardon : « La personne n’aurait pas dû subir ça. Vous lui présenterez mes excuses. Elle n’a pas à subir mes problèmes psychologiques ».

Le 2 décembre 2024, au terminal 1 de l’aéroport de Nice, le mis en cause de 27 ans a pincé les fesses d’une hôtesse de la British Airways. Surprise, la victime s’est retournée tandis que le mis en cause qui s’est rapidement encapuché, prenait la fuite. Elle a immédiatement déposé plainte auprès de la police aux frontières (PAF).

Grâce à l’exploitation des images de vidéosurveillance, les enquêteurs ont pu suivre le parcours du suspect, qui avait pris le tramway, puis un bus. Il a finalement été reconnu par une patrouille de police et interpellé.

En 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été enregistrées, selon l’Observatoire de la mission interministérielle pour la protection des femmes.

Plus de 1.000 photos d’hôtesse dans le portable

En garde à vue, plus causeur qu’il ne l’a été à l’audience, il a expliqué être attiré de manière obsessionnelle par le personnel de bord féminin, évoquant une « fixette » et des pulsions difficiles à maîtriser.

Déjà condamné en 2020 pour des faits similaires commis également à l’aéroport, également sur une hôtesse de l’air, le prévenu qui comparaissait libre se trouvait en état de récidive. Il avait été condamné à 4 mois de prison avec sursis, assortis à l’époque d’une obligation de soins et d’une interdiction de paraître pendant 5 ans… dans les aéroports.

Lors de l’enquête, les policiers ont découvert dans son téléphone portable près de 300 photos d’hôtesses de l’air, ainsi que plus de 900 images supprimées, certaines prises à l’aéroport de Nice.

Trouble frotteuristique

L’homme a reconnu être revenu sur les lieux à l’époque « pour voir des femmes en tenue d’hôtesse », décrivant ses actes comme une « échappatoire » dans un contexte de mal-être psychologique. Suivi à la fois par un psychiatre et un psychologue, il est sous traitement quotidien.

Une expertise a mis en évidence des traits autistiques, une schizophrénie ainsi qu’un trouble frotteuristique. Son discernement a été jugé par l’expert altéré au moment des faits et aucune dangerosité au sens psychiatrique du terme n’a été diagnostiquée.

« Avant de le punir, il faut le soigner »

À l’audience, le procureur Fabien Cézanne a requis une interdiction de paraître pendant cinq ans, ainsi qu’une obligation de soins dans le cadre d’un sursis probatoire ou d’un suivi sociojudiciaire de trois ans.

Me Guillaume Carré a insisté sur « la franchise » de son jeune client, ainsi que sur sa pathologie. « L’enjeu, pour les médecins, est de trouver le bon traitement, celui qui stabilise. Avant de le punir, il faut le soigner. Nous avons quelqu’un qui se sait malade et qui se soigne. On est au bord de l’irresponsabilité pénale », a-t-il plaidé.

Le tribunal présidé par Christian Legay a condamné le jeune homme à 10 mois de prison assortis d’un sursis probatoire de 3 ans, avec obligation de soins et une interdiction de fréquenter tous les aéroports du territoire national. « Sauf si vous êtes en possession d’un billet », précise le président.