On gagnait souvent parce qu’on avait la mêlée. Le rugby peut être compliqué mais il arrive que les choses soient claires, on remporte les matches si on domine physiquement. À l’époque déjà, Rabah ne reculait jamais. Il poussait l’adversaire à la faute et je rentrais les points. On était jeunes, la vie était simple. On a gagné le Tournoi des Six Nations moins de 20 ans comme ça, c’était en Italie en mars 2009, et au retour dans le car avec la coupe, on était excités comme des enfants partant en vacances.

Comme à chaque voyage, on était assis côte à côte. Rabah mimait avec les mains de quelle façon il avait enfoncé son vis-à-vis, le pilier gauche italien. J’étais habitué à ce genre de conversation technique, j’y avais droit tous les soirs dans mon salon. Je vivais à l’époque avec Arthur Joly en face du Parc des Princes, Rabah Slimani et Djibril Camara comme voisins.

En écoutant leurs récits en mêlées, les synthèses imagées des séances du jour, j’ai compris qu’on avait le même maillot mais qu’on ne pratiquait pas le même sport. Des heures à décrypter les directions de poussée, les appuis et la position des liaisons. De la finesse au milieu d’un champ de force, je le voyais ainsi. Comme la finesse de déferlement d’une simple vague au sein d’un océan déchaîné ou un chêne centenaire sentant les pas d’une fourmi sur une de ses branches.

J’étais rapidement ennuyé et rentrais dans ma chambre en les laissant discuter. Mais, ce soir-là en Italie, j’avais rentré pas mal de points grâce à son travail de l’ombre, alors je me suis intéressé. Dans la sono, Benjamin Fall a mis le 113, Tonton du bled. On avait deux chansons pour fêter nos victoires, Patrick Sébastien ou Rim’K. Poussé par les autres, Rabah s’est levé, il la connaissait par coeur. « Allez, allez, montez les neveux ! » Cette chanson raconte l’histoire d’un mec qui veut rester chez lui, tranquille pourtant Rabah n’a jamais hésité à bouger, sauf en mêlée. On se dirige maintenant vers la quarantaine et du car de cette soirée de 2009, avec Romain Taofifenua, il est le dernier d’entre nous encore sur le terrain. Au Leinster précisément, l’une des meilleures équipes du monde.

Ma vie a changé mais j’aime toujours les choses simples, principalement la gentillesse et les histoires inattendues. Alors, depuis l’annonce du transfert de Rabah à Dublin en 2024, j’attendais le jour idéal pour parler de mon pote, un des mecs les plus gentils que j’ai rencontré de ma vie. Habituellement, les génies discrets obtiennent la reconnaissance trop tard, alors il est grand temps. Avec tendresse bien entendu, peut-être quelques maladresses, la mêlée reste un monde obscur.

Rabah, le tonton du trèfle

J’y comprends toujours rien et c’est pas qu’une posture. Quand on ignore, pour avancer l’essentiel est d’être entouré des meilleurs. Le Leinster l’a compris, tant mieux pour eux et tant pis pour le rugby français. Les jeunes piliers irlandais apprennent aujourd’hui auprès d’un des meilleurs piliers du siècle. J’espère que vous aurez les réfs, je voulais vous présenter mon pote, mec de banlieue Nord devenu tonton du trèfle.

« Est-ce que tu te rappelles le jour où on s’est rencontrés pour la première fois ?
Nan je me souviens pas.

Je vais te le dire, parce que je suis allé fouiller au fond de ma mémoire. Comme j’ai jamais joué à ton poste et que j’ai pris moins de coups dans la tête, ma mémoire est encore bonne. C’était à Colombes au tournoi interdépartemental. Moi avec le 91 et toi le 95.
Ah oui c’est vrai ! Je m’en souviens !

Malgré tous tes coups à la tête t’as bonne mémoire alors…
Ça dépend pour quoi.

Moi, je vois ma tête comme une bibliothèque, surtout quand j’écris. Je sais où sont rangées les choses et je vais les chercher. Quand t’as signé au Leinster je me suis dit qu’ils venaient de faire le plus grand braquage de tous les temps, le casse d’une bibliothèque, tu vois ce que je veux dire ?
J’ai découvert ça ici, ils ont cette vision-là. Ils ne voient jamais ce que le poids de l’âge m’empêche de faire mais ce que mon expérience peut apporter à l’équipe, au club. C’est une autre façon de voir le rugby et les choses en général. J’arrivais d’une fin d’aventure à Clermont qui m’a fait très mal. Ici, j’ai tout de suite senti beaucoup de confiance, de respect envers mes capacités, mon histoire. Ça a décuplé mon envie, ça me transcende chaque semaine.

Au-delà de tes capacités, ils sont venus chercher ton savoir-faire pour la transmette à une jeune génération de piliers. Je t’ai vu à l’échauffement, tu parlais beaucoup aux jeunes. C’était beau à voir, j’ai senti un lien fort entre vous, tu les as pas lâchés et dans leurs yeux j’ai vu beaucoup d’affection et de confiance en toi. Depuis quand as-tu cet esprit de transmission ?
J’ai pas toujours eu ça. C’est venu quand on m’a fait comprendre que j’étais vieux. Après le Covid, après le premier mois de confinement, il m’est arrivé quelque chose d’étrange, j’ai totalement perdu confiance en moi, en ma capacité de refaire des mêlées. J’étais bloqué, mentalement et physiquement. J’en dormais pas la nuit, j’en parlais beaucoup à ma femme. À la reprise, j’ai eu besoin de le raconter aux coaches, Jono Gibbes et Davit Zirakashvili. Je pensais être fini et les gens se sont mis à le dire publiquement. Comme un idiot, j’y ai cru, je pensais arrêter rapidement, prendre ma retraite par la petite porte. J’étais sur une pente descendante depuis la Coupe du monde au Japon (2019). Zirakashvili qui a toujours été important pour moi m’a dit : « Tu as été un des meilleurs piliers au monde, tu ne peux pas être devenu nul, t’inquiète, on va travailler et ça va revenir. » Cette mentalité-là, basée sur la confiance, je l’ai rarement connu. Sans eux, j’aurais perdu mes capacités, je me serais éteint à petit feu, tout aurait été différent.

C’était la première fois que tu passais autant de temps sans ces gestes aussi, c’est normal d’avoir des doutes.
Oui, mais là, c’était bien plus fort. Inconsciemment, j’ai compris que mon savoir-faire n’était pas éternel, je me suis dit que je pouvais donner aussi, à mon tour, ma vision des choses. Gibbes a vu cette envie de transmettre chez moi, le respect aussi et l’écoute des jeunes. Un homme passionnant, il m’interrogeait beaucoup sur les quartiers, le potentiel dans les cités de France. Il m’a demandé si je voulais entraîner et ça a allumé une nouvelle flamme dans mon esprit. On m’a responsabilisé et j’ai pris cette place.

Si tu étais un artisan de la mêlée, genre un compagnon avec un savoir inscrit dans une chaîne de transmission, quels seraient tes maîtres selon toi ?
Sans aucun doute Sylvain Marconnet, Rodrigo Roncero, David Attoub surtout, je faisais tout avec lui. Même en dehors du terrain. Nicolas Mas aussi, c’était fort de le voir. Un tel niveau… J’ai aussi beaucoup appris avec des talonneurs, Dimitri Szarzewski, Benjamin Kayser, Laurent Sempéré. Je veux avoir ma place dans cette lignée, je veux qu’on se rappelle de moi comme un joueur de cette tradition, de cet héritage. J’ai la chance d’avoir rencontré ces gens qui m’ont donné, qui m’ont inspiré et transmis leur savoir-faire technique, mental, les vices aussi.

Je te vois pas du tout comme un pilier vicelard.
Non je ne le suis pas. Enfin, je connais les ficelles mais je les utilise rarement. Je déteste les gens qui trichent. Ceux qui font tomber la mêlée car ils sentent qu’ils vont subir, qui refusent les règles. On m’a accusé de tricheur un moment de ma carrière où j’étais dans l’oeil des arbitres, c’est une insulte énorme pour moi.

Est-ce qu’il y a une transmission de l’histoire dans ta famille ?
Tu sais, on est des timides dans ma famille, on parle peu. Mais mon père m’a toujours parlé de l’Algérie, de son histoire, c’était important pour lui, il voulait que je sache, que ça ne s’éteigne pas. Il est arrivé tôt en France, il m’a confié ses histoires, comment il a grandi, comment il a vécu l’indépendance de l’Algérie depuis la France. Il voulait que je connaisse son passé, il voulait me transmettre. Petit, je voulais toujours être avec lui. On partait à Paris tous les week-ends. On allait voir ses cousins, des oncles qui tenaient les cafés dans le XIVe, je me souviens du métro Pernety. Les fameux cafés-restaurants tenus par les Kabyles. On prenait le train depuis Sarcelles, on sortait de la cité. Je garde une image forte. Devant un des cafés, il y avait un bouquiniste et je regardais tous ces livres, je les lisais pas mais j’étais impressionné. Tout était tellement différent du quartier. Cette ville me faisait une grande impression.

Ensuite, tu as joué pour Paris, et gagné un titre pour Paris !
C’est fou, nan ?

Au fait, pourquoi tu as commencé le rugby ?
Mon père regardait tous les sports ; alors, l’hiver, il regardait la France pendant le Tournoi des Cinq Nations. J’ai regardé avec lui, mes premières images de rugby. Ça n’existait pas dans ma famille, j’ai connu le rugby au tournoi de la ville de Sarcelles. Ma mère m’a forcé à y aller sans rien connaître, c’est un hasard. Elle m’a toujours soutenu mais elle ne me regarde jamais jouer. Elle a trop peur, c’est violent.

Même avec le quinze de France ?
Si, au Stade de France, ils sont venus quelques fois.

En même temps, Sarcelles – Saint Denis ça fait combien ?
Quinze minutes en voiture, c’est rapide. Mon frère les amenait, mais c’est tout. En revanche, ils m’ont toujours soutenu. Pendant mes années de lycée, j’allais à l’entraînement au Stade Français, c’était dur. Je sortais des cours en courant, mon père m’attendait à la gare de Sarcelles. On échangeait les sacs, je lui donnais celui de cours et il me donnait celui de sport et dedans, il mettait un goûter qu’il avait préparé lui-même. Je faisais deux, trois heures de trajet pour aller à l’entraînement ; ensuite, deux, trois heures pour rentrer, mon père m’attendait à la maison et il nettoyait mes affaires pendant que je mangeais, il brossait mes crampons. Encore aujourd’hui, j’ai toujours une brosse dans mon sac. Je nettoie mes chaussures après chaque entraînement, chaque match. Même quand j’avais des contrats avec des équipementiers, que je recevais des cartons entiers de chaussures neuves chaque mois, je lavais mes crampons après les entraînements. Par respect pour mon père mais aussi pour moi. Je me dis toujours que les peintres en bâtiment nettoient leurs pinceaux à la fin du chantier, les policiers nettoient leur arme de service. C’est leur outil de travail. C’est normal. Aujourd’hui encore, les mecs du Leinster me voient nettoyer mes crampons à la fin des séances et ils hallucinent. Ils m’en parlent, ils me chambrent. Je rigole avec eux mais je leur raconte pas pourquoi, ils peuvent pas comprendre, ils pourraient jamais comprendre. »

Rabah, l’homme aux 14 000 mêlées

Newport, pays de Galles, novembre 2025. Les Dragons accueillent le Leinster. Rabah est remplaçant et je suis seul en tribune pendant l’échauffement. Je l’observe préparer son match par un échauffement individuel spécifique. J’imagine ces centaines de rencontres jouées chaque week-end depuis que je suis loin des terrains. J’ai vécu beaucoup de choses en dix ans, dans des milieux différents, et lui a continué sa voie, enchaîné les matches et ces milliers de mêlées.

« Tu sais combien de matches professionnels tu as joués dans ta vie ?
Plus de quatre cents.

C’est énorme, et combien de mêlées ?
On a fait le compte une fois avec un pote, on était arrivé à quatorze mille mêlées entre matches et entraînements, mais seulement en division professionnelle.

Tu te souviens de ta toute première ?
Non, impossible à dire.

Et la fameuse première mêlée du match ? Ça veut dire quoi pour toi ?
Ça donne le ton, je me jauge comme ça. Elle est importante la première, je sais si ça répond ou non, si je me sens bien. Tu sais, je ne fais pas de mêlées car il faut les faire. C’est ma vie, je suis engagé dans cette voie. J’aime la mêlée, je veux dominer, gagner. Je veux les combattre, marquer l’adversaire. C’est mental la mêlée, c’est technique et mécanique bien sûr mais tout se joue dans la tête. À la première, je jauge qui j’ai en face, s’il a un mental fort, s’il va chercher à se poser et attendre. Ensuite, je réagis mais la première donne la température.

Tu saurais dire qui est le meilleur pilier gauche que tu as affronté en mêlée ?
C’est difficile à dire, j’en ai affronté tellement tu sais. Mais quand même, Matawarira, surnommé Beast, le Sud-Africain, c’était quelque chose.

Qu’est ce qui te manquera le plus, le rugby en général ou les mêlées ?
Les mêlées à coup sûr.

Après la fin de ta carrière, tu rêveras de mêlées ?
Je rêve souvent de mêlées ! Avant les matches surtout, je me parle à moi-même. Je me donne des consignes, c’est drôle. Les mêlées me manqueront toute ma vie, cette épreuve, ce moment pour prouver et combattre. J’ai confiance dans le futur, je trouverai d’autres domaines où m’impliquer mais c’est ma passion et elle ne se pratique pas toute la vie, je le sais. C’est une échappatoire de la vie de tous les jours.

Et l’analogie avec l’artisanat, tu en penses quoi ?
Je suis totalement d’accord. Certains sont payés à fabriquer des meubles, à faire du pain, à réparer des toits, moi c’est gagner des mêlées. C’est pour cela que je déteste les tricheurs, ce travail bâclé. Je veux respecter les gens qui croient en ça. C’est mon artisanat.

Est-ce que ça t’empêche de dormir quand tu te fais dominer ?
J’ai du mal à dormir après chaque match, victoire ou défaite. Je mets du temps. Quand je perds c’est un calvaire ; si je gagne en ayant été pénalisé sur mêlée, je dors mal. Dès le lendemain, je regarde les vidéos spécifiquement ; ensuite, j’attends les premières séances et que les choses se remettent en ordre.

Depuis vos conversations de pilier dans mon salon quand on avait 20 ans, je vois la mêlée comme un travail digne de la NASA, l’extrême finesse de vos ressentis dans des poussées si énormes.
C’est vrai, ce sont des mouvements très fins de la tête, des épaules au sein de forces immenses, une tonne contre une autre tonne qui poussent mais les connexions sont très précises. À l’impact, par exemple, il suffit que je sente une brèche, que le deuxième-ligne derrière moi l’ait compris, je sens qu’il l’a senti aussi et on agit. C’est à la fois extrêmement perceptible et très fin. La mêlée représente tout ça, la force ne suffit pas. Et chaque pilier a une façon de se lier, c’est différent à chaque fois, ça ne se joue à rien mais c’est comme ça. Personne ne le voit, à part nous.

Il y a un paradoxe avec toi, tu es un grand joueur du rugby, le sport viril par excellence, sport de combat. Ton arme spécifique est la mêlée qui est sa représentation exacerbée et pourtant, tu es un gentil, un grand gentil. Comment tu vois ça ?
Tout est très clair et sain dans ma tête. Je suis gentil car c’est mon éducation, ma nature, et la mêlée c’est mon domaine, mon monde, un plaisir aussi sans jamais nuire aux autres. Tout est sain, je domine mais je ne veux pas humilier, ne pas rabaisser. Je veux être le plus fort dans des règles établies. C’est différent de la méchanceté ou de la violence. »

Rabah, l’éternel enthousiaste

Newport, 76e minute. Le match facile de la première mi-temps se transforme en match piège pour le Leinster qui a choisi d’aligner une très jeune équipe. Le staff fait entrer ses jokers : Rabah Slimani, RG Snyman, le géant sud-africain, double champion du monde, ainsi que le All Black Rieko Ioane. Plus de deux cents sélections internationales cumulées entrent sur le terrain au moment d’une mêlée pour Newport à cinq mètres de la ligne d’en-but. Newport peut gagner ce match sur cette mêlée, le visage de Rabah est serein mais concentré, il fait exploser son vis-à-vis sur la poussée, le pilier gauche international de l’équipe du pays de Galles.

Fin du match, victoire pour le Leinster. Tout le monde vient féliciter Rabah, staffs et joueurs, il est heureux, son statut a changé ici. Il est le joueur le plus demandé pour les photos et les signatures. Il s’applique à le faire, tout sourire, comme si c’était son premier match, le premier autographe. Rabah me voit dans les tribunes, on a le temps de se faire une accolade rapide. Je lui dis avec un grand sourire : « Bravo, t’as justifié ton salaire du mois avec une seule mêlée, c’est fort ! » Il rigole.

« Tu te souviens que je t’ai dit ça à la fin du match à Newport ?
Oui je me souviens bien, mais c’était vrai en fait. Avant la finale de l’URC en juin dernier, Leo Cullen est venu me voir sur le terrain et m’a dit : « Tu te souviens ce qu’on s’est dit le premier jour à notre première discussion ? On a parlé de mêlée, de tes capacités qui nous feraient gagner des matches et des titres, eh bah, c’est maintenant. » Je te jure que quelques heures plus tard, quand je suis entré en jeu, j’étais dans une confiance magique, fort dans mon corps et dans ma tête. Il ne pouvait rien m’arriver et j’ai gagné les mêlées, on a remporté le Championnat.

Ça doit te faire du bien cet épisode inattendu de ta carrière. Tout a l’air vertueux humainement et sportivement.
Ce que je vis est une chance que j’ai encore du mal à réaliser, je suis apaisé. Quand on me demande où j’habite et que je réponds Dublin, ça me paraît fou. On en rigole avec ma femme, on a tout fait ensemble, elle me soutient depuis la période difficile du Covid, dans les bons et les mauvais moments. Je prends tout avec beaucoup de plaisir, je n’ai plus de pression, j’ai uniquement le plaisir de prouver et pas la peur de mal faire. Ça change beaucoup de choses dans tous les compartiments de ma vie.

En fait, t’as fini le game.
Ah, ah, t’es con.

Pour moi, t’es un des POAT, tu sais, un pilier of all time.
Moi, tout ça, je le vois comme un bonus track. On arrivait à la fin du CD et tout le monde croyait que c’était fini. Eh bah, nan ! »

Newport. Rabah est le dernier à signer des autographes et prendre des photos avec les supporters. Un manager vient lui dire que le car part dans trente minutes, il fonce. « Allez, montez les neveux ! » Ce soir, Rabah rentre chez lui à Dublin et je m’envole demain pour l’Italie. Drôles de vies pour deux mecs de la banlieue parisienne vivant aujourd’hui à deux extrémités européennes. Je suis fier de lui, mon pote est une bibliothèque immense au coeur d’une forteresse prestigieuse et les piliers de Newport dormiront mal ce soir, la tête à l’envers et le corps en bas-relief. Fallait pas croiser Rabah, nouveau tonton du trèfle. Je suis désolé pour eux mais c’est leur voie, leur chemin. Dans quelques années ils croiseront ses héritiers en vis-à-vis. Les jeunes piliers du Leinster, entrés dans une lignée prestigieuse, une dynastie.