l’essentiel
La rénovation de la gare Saint-Agne dans le quartier toulousain éponyme n’en finit pas. Voilà plus de trois ans que les premiers coups de pelle ont été donnés et le chantier bruyant, ouvert même la nuit, n’est toujours pas terminé. Les riverains sont à bout…
En théorie, tout devait être terminé depuis un bon moment. Mais il faut croire que le chantier de rénovation de la gare Saint-Agne, à Toulouse, dont la dernière tranche a commencé il y a tout juste un an, était trop compliqué pour rentrer dans les contraintes du calendrier initial. Toujours est-il que certains habitants du quartier commencent à perdre patience. Et c’est un euphémisme.

Le chantier de rénovation de la gare Saint-Agne a pris du retard à cause de la découverte d’amiante. Les riverains sont à bout.
DDM – ADRIEN NOWAK
« Toutes les nuits, le doux bruit de la disqueuse sur le goudron ne réveille pas mon fils de six semaines, mais il empêche ses parents de trouver le sommeil entre deux tétées, ironise Guillaume Fumat, un jeune père exaspéré. Et comme en journée des riverains, qui respectent eux la réglementation, font leurs travaux, on n’en sort plus. Il y a du bruit tout le temps, c’est… à péter un câble ». Un calvaire quotidien pour le couple, qui se pose quelques questions sur la légalité de l’opération.
Le moral du quartier en berne
« Pourrait-on nous fournir l’arrêté municipal ou l’arrêté préfectoral qui permet de déroger aux horaires diurnes pour les travaux bruyants », s’interroge Guillaume. Tout en s’étonnant des aléas du chantier avec l’œil du spécialiste. « Pourrait-on aussi nous expliquer pourquoi le quai flambant neuf a été disqué pour poser un caniveau alors que le bon sens privilégie un coffrage précédant le goudronnage ? ». Bref, entre nuisances sonores et malfaçons, les retards pris dans la réhabilitation de la gare pèsent sur le moral du quartier dont les doléances sont nombreuses. « Franchement, poursuit Guillaume, entre la rue bloquée totalement pendant de longs mois, les PV qu’on prend quand on gare la voiture hors de chez soi pour ne pas être bloqués, les nuits pourries au domicile, les nuits hors du foyer pour pouvoir dormir, l’affluence des voyageurs dans la rue rendant la circulation pénible, la fin du ramassage des ordures à la porte et les déchets qui débordent à l’entrée de l’impasse… la coupe est pleine » !
De l’amiante sur le chantier
Du côté de la direction régionale des gares Occitanie, que nous avons contactée, on reconnaît volontiers les difficultés et les gênes occasionnées dans tout le secteur. « Tout le chantier a été retardé de plusieurs mois à la suite de la découverte d’amiante sur les lieux, explique le service Mise en accessibilité gares et connexions de la SNCF. Il a fallu mettre en place un protocole imposé par l’inspection du travail. Ce qui nous a conduits à réadapter le planning des travaux et nos techniques d’interventions ». De fait, pour tenir compte de l’exaspération des riverains et réduire les nuisances, les travaux de nuit programmés l’été dernier ont été repoussés à cet hiver. « Quand les gens dorment les fenêtres fermées », précise-t-on. Ce qui n’est visiblement pas suffisant.
« Au regard de toutes les perturbations engendrées par ce chantier, c’est inadmissible de n’avoir aucune information ni d’ailleurs de compensation », peste Guillaume. Il aura au moins été entendu. La SNCF nous a confirmé qu’elle communiquerait sur le sujet dans les jours qui viennent. Il était temps.