Comment les partis conservateurs européens, autrefois dominants, devraient-ils gérer la montée en puissance de la droite populiste ? Devraient-ils apprivoiser leurs rivaux en les intégrant au gouvernement, comme aux Pays-Bas ou en Autriche où l’extrême droite arrive en tête des sondages d’opinion ? Devraient-ils chercher à transformer le traditionnel duel gauche-droite en une lutte titanesque opposant les centristes aux barbares, comme en France ? Ou devraient-ils simplement abandonner ? En Italie, le centre-droit a été relégué à un rôle mineur, soutenant le gouvernement de Giorgia Meloni, leader du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia.

La plus grande démocratie d’Europe, l’Allemagne, a choisi une approche différente : ignorer les populistes et prier pour que la bonne gouvernance érode leur puissance. L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite qui dénonce les immigrants, la lutte contre le changement climatique et le soutien allemand à l’Ukraine, a été déclaré « extrémiste de droite » par les services secrets du pays – cette décision, que l’AfD conteste, permet une surveillance accrue. Certains réclament même son interdiction.

Pourquoi ce coup de semonce du Bundestag au nouveau chancelier Merz ?

L’AfD est tenue à l’écart derrière un Brandmauer (« pare-feu ») dressé par les autres partis, qui l’excluent de toute participation gouverne­mentale, y compris dans les seize Länder. L’AfD est arrivée en deuxième position aux élections générales de février 2025, mais les autres partis ont empêché ses députés de présider des commissions parlementaires ou d’occuper une vice-présidence du Bundestag. Ils sont même exclus de l’équipe de football du Bundestag !