Le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire a accusé sa rivale de droite, Rachida Dati, ce vendredi 30 janvier sur BFMTV-RMC de « céder aux sirènes de l’extrême droite », « à bien des égards », notamment en ne « fermant pas la porte à Sarah Knafo » du parti Reconquête « de façon claire ».
« Évidemment qu’elle est aujourd’hui dans une course à l’échalote avec Sarah Knafo, qu’elle ne ferme pas de façon claire l’hypothèse d’une alliance », a déclaré le député PS et ancien premier adjoint de la maire sortante, Anne Hidalgo.
« Glissement vers l’extrême droite »
Aussi, ce dernier a accusé Rachida Dati de mettre « en menace ce qui est l’essence même de l’histoire de Paris: le fait que c’est un terrain qui a accueilli des réfugiés et des gens qui ont fui le monde entier, qui ont contribué de façon extraordinaire à la vitalité économique, culturelle, politique de notre ville ».
Une référence à des vidéos de campagne de la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement de la capitale. Rachida Dati s’est notamment rendue dans des campements parisiens, dénonçant des espaces « où il n’y a plus aucune règle » et promettant de « lutter contre ce laisser-aller ».
Emmanuel Grégoire voit dans ce type de séquence un « glissement à l’extrême droite » et dénonce par ailleurs de « fausses promesses. »
« C’est la compétence de l’État, mais je ne m’en exonère pas. Il n’y aura pas de tentes dans ma ville », a promis le candidat soutenu par les communistes et les écologistes, jugeant qu’il faut « mettre à l’abri » les personnes concernées.
« Je le dis dans un souci d’humanité, mais aussi dans un souci de régulation de l’espace public », a-t-il ajouté, avant de dénoncer une « mise en scène exploitée avec outrance par l’extrême droite d’une forme de déclinisme ou de grand remplacement qui n’existe pas. » « Nous parlons de quelques centaines de réfugiés ».
Rachida Dati a écarté l’hypothèse d’une alliance
Invitée de BFMTV lundi, Rachida Dati avait écarté l’hypothèse d’une alliance avec Sarah Knafo si l’eurodéputée était qualifiée au second tour, assurant « ne pas être dans les accords d’appareil ».
Elle a aussi justifié ce choix par des déclarations passées d’Éric Zemmour la visant. Le président de Reconquête avait notamment reproché en 2016 à Rachida Dati d’avoir appelé sa fille Zohra, un « prénom musulman ». Et pour la ministre, Éric Zemmour et Sarah Knafo, « c’est le même parti, (donc) vous portez les mêmes idées ».
D’après un sondage Ifop pour Le Parisien, LCI et Sud Radio paru samedi 24 janvier, Emmanuel Grégoire (32%) arrive en tête des intentions de vote au premier tour à Paris. Le socialiste devance Rachida Dati (28%) soutenue par le Modem et l’UDI, ainsi que Pierre-Yves Bournazel (14%), candidat Horizons appuyé par Renaissance, Sophia Chikirou (11%), qui représente LFI, Sarah Knafo (9%) et l’eurodéputé RN Thierry Mariani (5%).
Article original publié sur BFMTV.com