France Télévision / Capture d’écran
L’enquête de Cash Investigation sur le périscolaire secoue les candidats à la mairie de Paris
Une enquête qui tord le ventre. Le dernier épisode de Cash Investigation, diffusé ce jeudi 29 janvier sur France 2, a mis en lumière de graves défaillances dans le périscolaire en France, et notamment à Paris. Ces révélations et témoignages ont provoqué des réactions de stupeur chez plusieurs candidats à la mairie de Paris.
Plus de cinq millions d’enfants sont accueillis chaque jour dans le périscolaire en France. « Saviez-vous qu’à l’école, les enfants passent parfois autant de temps avec les animateurs du périscolaire qu’avec leur enseignant ? », interroge Cash Investigation en guise d’introduction, avant de dérouler son enquête sur ce qu’il se passe « derrière le portail des écoles ».
L’émission diffusée ce jeudi s’intéresse aux conditions de travail des animateurs, pointe les faibles rémunérations, les temps partiels subis et les emplois du temps hachés. Surtout, elle présente des témoignages de parents dont les signalements de comportements suspects d’animateurs ne sont pas pris en compte, mais aussi l’absence de cadre de recrutement ou encore des comportements inappropriés d’animateurs.
Des comportements « inacceptables »
L’épisode de Cash Investigation évoque notamment le cas d’une animatrice qui embrasse un enfant sur la bouche dans une école maternelle du 7e arrondissement de Paris. « Les images, filmées en caméra cachée, montrent des comportements inacceptables à l’encontre des enfants », a réagi dans un communiqué la maire LR de cet arrondissement Rachida Dati, également candidate à la mairie de Paris.
Elle dénonce « l’omerta » ainsi que des « dysfonctionnements systémiques » qui perdurent à la Ville de Paris et réclame une enquête globale sur l’ensemble du périscolaire parisien, un plan d’urgence pour faire face à la multiplication d’agressions sur les enfants et une refonte globale du périscolaire.
De son côté, la candidate Insoumise Sophia Chikirou dit avoir déposé une proposition de résolution pour une enquête parlementaire à la demande des parents d’élèves, afin de « faire la lumière sur le système périscolaire à Paris et partout en France ». « Qui sont les responsables ? Pourquoi les alertes n’ont-elles jamais été suivies d’effet ? », interroge-t-elle.
« Choc et colère »
« Choc et colère devant l’enquête de Cash investigation », a réagi pour sa part Emmanuel Grégoire, candidat de l’union de la gauche hors LFI. « Les situations de violence mentionnées sont insupportables. Les manquements dans l’encadrement des enfants et dans le traitement des affaires signalées sont inadmissibles », a reconnu le député de Paris qui avait lui-même révélé avoir été victime de violences sexuelles dans le cadre périscolaire durant son enfance.
« Il faut tout revoir : les procédures, les contrôles, l’encadrement, la culture même d’une institution qui peut générer une forme de maltraitance quand des alertes ne sont pas traitées assez vite », a-t-il ajouté.
Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé ce vendredi « procéder ce jour à plusieurs signalements » à la justice après la diffusion de cette enquête, qui portait également sur des violences dans des établissements privés. « Une seule ligne : ne rien laisser passer », a-t-il ajouté, sans préciser quels établissements ou personnels seraient visés.