« C’est indigne. » Quelques jours après avoir rejoint la liste de Benoît Payan, maire de Marseille (Bouches-du-Rhône) et candidat à sa réélection aux municipales, Amine Kessaci a condamné ce vendredi des déclarations de Renaud Muselier le visant. Dans un article de La Provence publié ce jeudi, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur avait affirmé que le militant écologiste était victime du « syndrome de Stockholm », raillant ainsi le ralliement de celui qui s’est engagé dans la lutte contre le narcotrafic.
En évoquant le bilan de l’édile « qui n’a jamais été élu », Renaud Muselier avait cinglé : « Il y a un syndrome de Stockholm. [Amine] Kessaci, c’est quand même sous son mandat que ses deux frères ont été assassinés. »
Sur le réseau social X, ce vendredi, le militant écologiste et antidrogue lui a répondu. « C’est indigne Renaud Muselier, une campagne électorale ne peut pas tout permettre. La mort de mes frères n’est pas à instrumentaliser », affirme-t-il.
« Faire de Marseille la vitrine nationale de la lutte contre le narcotrafic »
L’annonce de sa candidature sur la liste du maire sortant de gauche Benoît Payan a été faite lundi soir, en plein cœur des quartiers déshérités du nord de la ville.
« J’ai la garantie de savoir que le maire va porter mon combat, qu’à ses côtés, je pourrai porter la lutte et faire finalement de Marseille la vitrine nationale de la lutte contre le narcotrafic », avait expliqué le jeune homme de 22 ans.
En 2020, Amine Kessaci avait perdu son grand frère Brahim, impliqué dans le trafic, dont le corps avait été retrouvé carbonisé. Le 13 novembre dernier, il avait perdu son petit frère Mehdi, dans un probable « crime d’intimidation » en représailles à son militantisme. Il a promis lundi devant sa mère un « accompagnement des familles » : « Plus jamais à Marseille, il n’y aura une maman qui pleurera son enfant seule. »
Depuis Paris, mercredi, il a annoncé son intention de créer une association nationale des maires de France engagés contre le narcotrafic. Quelques jours plus tôt, il était apparu à Lyon lors du premier meeting de l’écologiste Grégory Doucet, apportant son soutien au maire sortant candidat à sa réélection.