Longtemps jugée vieillissante, la technopole de Sophia Antipolis semble avoir retrouvé un nouvel élan. Tirée par l’essor de l’intelligence artificielle et des technologies de sécurité, elle multiplie les signaux positifs, entre création d’emplois, arrivée d’acteurs internationaux et inauguration récente d’un nouveau pôle dédié aux start-up.
Sur les hauteurs d’Antibes, l’ambition n’a jamais complètement disparu. Et ces derniers mois, l’atmosphère a clairement changé. Inauguration d’un bâtiment futuriste, afflux d’étudiants, entreprises étrangères qui s’installent… Sophia Antipolis veut à nouveau croire en son modèle, plus de cinquante ans après sa création.
Une technopole historique longtemps dépassée
Lancée en 1969 sur 2.400 hectares boisés, Sophia Antipolis se rêvait alors en Silicon Valley française. Après des débuts prometteurs, la technopole azuréenne a toutefois été largement dépassée par d’autres pôles. Aujourd’hui, Paris-Saclay, étendu sur deux départements au sud-ouest de la capitale, domine le paysage avec ses écoles prestigieuses et ses 430.000 salariés. D’autres territoires, plus compacts, comme la Presqu’île de Grenoble ou l’Atlanpole de Nantes, rivalisent également avec succès.
Face à cette concurrence, Sophia Antipolis n’a pourtant pas décroché. La création du campus de Sophia Tech en 2012 a marqué un tournant. Ses bâtiments modernes accueillent désormais environ la moitié des 5.500 étudiants présents sur la technopole, venus de France et de l’étranger. Un vivier apprécié par les entreprises locales, qui y trouvent stagiaires, alternants et futurs salariés.
Emplois, étudiants, croissance
« Comme il y a une dynamique de fertilisation croisée entre l’académique, la recherche et l’entreprise, l’espoir renaît », explique Jean Leonetti, président de la communauté d’agglomération Antibes – Sophia Antipolis. Les chiffres confirment cette dynamique. La technopole est passée de 29.000 salariés en 2010 à près de 45.000 aujourd’hui, représentant 80 nationalités différentes.
Chaque année, environ un millier d’emplois supplémentaires y sont créés. Le chiffre d’affaires cumulé des entreprises dépasse désormais les six milliards d’euros, un niveau comparable à celui généré par le tourisme sur la Côte d’Azur. Cette attractivité a toutefois un revers bien connu des salariés : des embouteillages parfois spectaculaires aux heures de pointe, malgré des lignes de bus jugées efficaces et des tentatives de décalage des horaires de travail.
IA et sécurité au cœur du renouveau
L’intelligence artificielle joue un rôle central dans cette relance. Créée en 2019 par trois anciens étudiants de Polytech Sophia, la start-up Videtics, spécialisée dans l’analyse vidéo en temps réel par l’IA, a levé plusieurs millions d’euros et contribué à la sécurité des JO-2024. « A Sophia, on gagne du temps parce que l’on rencontre rapidement les bonnes personnes. Entrepreneurs, mentors, partenaires, financeurs…», souligne l’un de ses cofondateurs.
Dans le même secteur, le groupe suédois Axis Communications, qui compte près de 5.000 salariés dans le monde, a récemment fait son entrée sur la technopole en rachetant une start-up locale. « Ce n’est pas seulement le soleil et la mer, c’est aussi les possibilités de collaboration avec les autres entreprises autour (…). La région regorge d’entreprises très bonnes en matière d’IA », confie Matts Thelin, directeur des activités IA du groupe.
Un nouveau pôle et une reconnaissance internationale
C’est pour renforcer ces échanges que la Casa, avec le soutien de l’État, de la région et du département, a conçu le Pôle Alpha. Inauguré le 23 janvier, ce bâtiment futuriste a vocation à accompagner 80 start-up. Un symbole fort du regain de confiance autour de Sophia Antipolis.
Ce dynamisme a pesé dans le choix du site pour accueillir, en octobre prochain, le 43e congrès mondial des parcs scientifiques. Sophia Antipolis a été préférée à Dhahran Techno Valley en Arabie saoudite ou à Edmonton au Canada. « Même si, de temps en temps, les Français ont un peu de retard à reconnaître Sophia Antipolis, sur le plan international, ils ont compris ce qui se passe », assure Jean Leonetti.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP
