« Projet d’implantation d’un ensemble de supercalculateur et de datacenter et développement d’un campus de l’intelligence artificielle responsable. » C’est l’intitulé de la délibération votée par Bordeaux Métropole ce 30 janvier, lors du dernier conseil de la mandature. À l’issue de longues discussions et d’un scrutin à bulletins secrets, le texte sur ce sujet sensible a finalement été adopté par 88 voix pour, cinq abstentions et une voix contre.

Formellement, la délibération autorise la présidente de Bordeaux Métropole à poursuivre les discussions et études de gré à gré avec le promoteur NFU Prod et son actionnaire de référence, la foncière Oséa. Il s’agit notamment de préparer la cession du foncier et d’anticiper le raccordement électrique.

Un investissement d’au moins trois milliards d’euros

Baptisé BXIA, pour « Bordeaux IA », ce projet privé ambitionne d’implanter cinq centres de données de nouvelle génération sur les 19 hectares de parking du parc des expositions au nord de Bordeaux. L’investissement est évalué à au moins trois milliards d’euros – au rythme de 500 millions d’euros par data center – et calibré pour s’étaler sur plusieurs années. L’investissement pourrait grimper bien davantage en intégrant les composants technologiques.

« C’est un projet majeur en termes de souveraineté. Ce n’est pas simplement d’un data center supplémentaire dont il s’agit mais d’un supercalculateur, d’une puissance de calcul très importante au service de tous les acteurs et secteurs qui en auront besoin », défend Stéphane Delpeyrat, le vice-président (PS) en charge du développement économique. Cette concentration de puissance technologique permet de réaliser des calculs extrêmement complexes en faisant tourner des millions d’algorithmes en parallèle. Des cas de figure typiquement utilisés dans l’intelligence artificielle mais aussi la recherche scientifique, notamment le climat, la santé, l’industrie ou la défense.