En octobre dernier, il a pu s’envoler pour le Tour of Guangxi l’esprit tranquille. Après plusieurs semaines dans l’incertitude sur son avenir en raison de la fin de l’équipe Arkéa-B&B Hôtels, Simon Guglielmi a signé son contrat chez St-Michel-Preference Home-Auber 93 dans l’avion pour la Chine. Au sein de la Conti francilienne, il aura pour la première fois, à 28 ans, une grande liberté et l’occasion de jouer sa propre carte. Mi-janvier, en pleine préparation avec ses équipiers, à Calpe (Espagne), l’ancien maillot jaune du Tour de l’Avenir s’est confié à DirectVelo sur ses nouveaux objectifs.
DirectVelo : Tu seras toujours dans les pelotons en 2026 !
Simon Guglielmi : Il y a eu des moments compliqués en août quand on n’avait pas trop d’info sur la suite d’Arkéa-B&B. Il y avait du stress. C’était difficile d’accepter que ça pouvait s’arrêter. J’étais dans l’attente, je ne savais pas si j’allais être encore coureur ou si j’allais devoir refaire des études. C’était un soulagement quand j’ai su que c’était bon, juste avant de finir en Chine. J’avais des pistes en Conti. Je voulais aller chez St-Michel, je discutais pas mal avec Léo (Peters) que je connais depuis longtemps.
Mais ça n’est pas fait de suite…
J’ai pris un petit coup de massue dans un premier temps car ils m’ont dit qu’un autre coureur était prioritaire. Et une quinzaine de jours plus tard, ils m’ont dit que la place était disponible pour moi. Ils m’ont demandé si ça m’intéressait, je n’ai pas réfléchi longtemps. (sourire)
« TOUJOURS AUTANT PASSIONNÉ »
D’autres coureurs du WorldTour ont préféré arrêter plutôt que d’aller en Continental… Ça n’a pas été ton choix.
Certains avaient de beaux contrats et avaient un manque à gagner en redescendant en Conti. Moi, j’aime encore trop le vélo. J’en fais depuis toujours, je suis passionné. On vit des moments exceptionnels en étant pro. Je pourrai faire un autre métier plus tard mais si le vélo s’arrêtait cette année, c’était définitivement terminé. Quand l’opportunité s’est présentée, je n’ai pas pensé au côté financier. Je me suis demandé comment je pouvais être heureux en 2026 et la réponse était que c’était en continuant à faire du vélo et en ayant des opportunités. J’ai une occasion en or chez St-Michel. C’est un mal pour bien.
Pourquoi ?
Je vais découvrir un nouveau rôle où on va attendre de moi des résultats, sur un calendrier différent, avec des courses davantage adaptées à mon profil. Tout était intéressant pour repartir un an. Je suis motivé, je ne commence pas mon après-carrière. J’ai envie d’être performant. Il y a actuellement une petite adrénaline de me dire à chaque entraînement qu’à la Marseillaise, je serai là pour faire un résultat. Ça va être intéressant.
« PAS PERDRE DE TEMPS »
Pendant tes années chez Groupama-FDJ et Arkéa-B&B Hôtels, avais-tu eu ta chance à certaines occasions ?
Je me suis souvent échappé, mais être vraiment protégé, c’est peut-être arrivé une ou deux fois. Quand tu redescends sur une Coupe de France, tu as parfois ta chance mais tu n’es pas dans les conditions idéales avec la fatigue du WorldTour. Par ailleurs, quand tu ne le fais jamais, tu n’as plus les automatismes de la gagne dans un final. J’espère être souvent en situation de faire un résultat pour les retrouver et que ça aille de mieux en mieux. Mais il ne faudra pas perdre de temps, chaque course passée sera une occasion perdue.
Penses-tu être capable d’occuper un rôle de coureur protégé dès le début de saison après de nombreuses années en tant qu’équipier ?
Je pense que l’équipe me fera confiance. Je serai sincère sur mes sensations si je ne me sens pas capable de faire un résultat sur les toutes premières courses, je le dirai bien sûr. Je travaille depuis l’été dernier avec une préparatrice mentale. J’avais besoin de quelqu’un quand je n’avais pas encore de contrat, pour savoir comment gérer cette période. Et quand j’ai signé chez St-Michel on a basculé sur l’optimisation de la performance, du statut dans l’équipe et sur la manière d’aborder une course. Je trouve ça super intéressant.
« BEAUCOUP DE CHANGEMENTS »
C’est presque une nouvelle carrière finalement qui débute pour toi…
Il y a beaucoup de changements, c’est sûr. Je n’ai pas la même approche de saison, ce n’est donc pas la même préparation hivernale. Le calendrier n’est pas construit pareil. Je ne courais pas beaucoup en Classe 1 auparavant. Je vais découvrir des courses comme la Roue Tourangelle et la Route Adélie. J’aurai une coupure après le Tour des Alpes-Maritimes après avoir fait tout le début de saison en France, sauf la Classic Var. Aujourd’hui, je me prépare comme si j’allais faire un Grand Tour à partir de la Marseillaise. En mars, ça sera de la préparation alors que d’habitude j’avais au programme Paris-Nice ou Tirreno-Adriatico.
Tu espères retourner à un niveau supérieur ou ce n’est plus la priorité ?
Pourquoi pas repasser dans une WorldTeam ou ProTeam. Si je pouvais choisir, le mieux serait peut-être en ProTeam comme quand je suis arrivé chez Arkéa. Tu as plus de liberté dans ton calendrier. L’effectif est plus frais, tu cibles des courses, tu ne vas pas aller au Tour du Pays basque si tu n’as pas de leader. En 2026, mon objectif est vraiment de prendre du plaisir à faire du vélo. Une carrière passe vite. C’est ma huitième année pro alors que j’ai l’impression d’avoir commencé hier. Je veux voir jusqu’où je peux aller quand j’ai ma carte en Classe 1 et en Coupe de France. Mon profil de coureur va parfaitement avec ces courses-là. Je vais bosser mes qualités de puncheur, pas celles en montagne où j’aurai trois courses dans l’année. Au Tour de la Provence, à la Montagne de Lure, je ferai la passe à Thomas Champion ! On fera les comptes après le Championnat de France, on verra si j’ai pris du plaisir et fait des résultats jusque-là. Je saurai alors si je peux repasser, si je refais une année en Conti ou si je dois préparer ma reconversion.