Accompagnement intensif des demandeurs d’emploi en difficulté, renforcement des contrôles, prospection auprès des entreprises : France Travail a indiqué vendredi vouloir «accélérer» sur plusieurs chantiers en 2026 avec l’objectif d’«aller vers tous les Français» mais devra le faire dans un contexte budgétaire contraint. Alors que le chômage a tendance à augmenter (7,7% au 3e trimestre 2025), mais que les entreprises connaissent souvent des difficultés de recrutement, «on travaille pour faire en sorte que notre marché du travail soit plus efficace», a assuré le directeur général Thibaut Guilluy, lors d’une présentation du bilan 2025 et des perspectives pour 2026 de France Travail, promettant d’«accélérer» en 2026 pour mieux trouver des réponses à chaque besoin.
France Travail ambitionne ainsi de passer de 400.000 à 500.000 démarches de prospection auprès des entreprises pour leur proposer ses services. Un effort a déjà été réalisé en direction des petites et moyennes entreprises qui n’ont pas toujours recours à France Travail pour leurs besoins de recrutement. Après la réforme conduisant à l’inscription automatique des bénéficiaires du RSA et des jeunes en parcours d’insertion depuis début 2015, la direction de France Travail entend aussi monter en puissance sur l’accompagnement des demandeurs d’emploi les plus en difficulté. En 2025, 665.000 personnes ont bénéficié d’un «accompagnement intensif», 80% de plus qu’en 2024 d’après France Travail, qui vise 700.000 à 800.000 personnes concernées en 2026. Cet accompagnement permet d’atteindre un taux de retour à l’emploi de 43%, selon l’institution.
Accélération des contrôles
Sur les contrôles de la recherche d’emploi, qui ont été réorganisés avec un nouveau barème de sanctions depuis juin 2025, «on est passé de 600.000 contrôles en 2024 à 944.000 en 2025, avec plus de 210.000 personnes redynamisées à la suite d’un contrôle», s’est félicité Thibaut Guilluy, précisant que le taux de sanction à la suite de ces vérifications s’établit à environ 18%. Si le nombre de contrôles doit dépasser le million en 2026, son renforcement sera toutefois freiné par les contraintes budgétaires, France Travail, qui compte 54.000 agents, devant perdre 515 équivalents temps plein.
«C’est sûr que ça sera moins vite et moins fort en 2026 compte tenu de cette baisse d’effectifs» a reconnu Thibaut Guilluy, soulignant qu’il resterait une marche importante à franchir pour atteindre l’objectif d’1,5 million de contrôles en 2027. Des gains d’efficacité ont toutefois permis de redéployer des agents vers l’accompagnement intensif et le contrôle, a-t-il insisté. L’année 2026 sera aussi marquée par un élargissement du recours à l’intelligence artificielle. Des outils fonctionnant avec l’IA doivent être mis à disposition des demandeurs d’emploi pour répondre, par exemple, à leurs questions sur leurs droits à indemnisation.