Avant toute chose, il convient de revenir sur ce qu’est Genie : il s’agit d’une IA capable de générer des environnements dynamiques à la volée. On rappelle ainsi que techniquement, il ne s’agit pas de vrais mondes 3D, mais plutôt de vidéos générées en temps réel qui réagissent aux commandes des joueurs, donnant l’illusion d’un monde virtuel explorable. Genie 3 avait marqué une avancée importante grâce à sa capacité à se souvenir plus longtemps des éléments du monde généré. Toutefois, dans ce contexte, « longtemps » signifie seulement quelques minutes.
En partant de ce contexte, Project Genie est une version peaufinée de Genie 3, intégrée aux nouveaux modèles d’IA de Google comme Nano Banana Pro et Gemini 3. Pour donner une idée des capacités de l’IA, Google propose ainsi plusieurs mondes préconstruits, mais l’intérêt principal réside dans la création de nouveaux environnements personnalisés. Les utilisateurs peuvent donc fournir une image de référence, décrire un monde et un personnage par texte, puis le système génère d’abord une image fixe servant de base, un processus que Google appelle le “world sketching”. Cette image peut ensuite être modifiée avant d’être transformée en monde interactif.
Une exploration en pseudo temps réel
Une fois le monde généré, la vidéo est en 720p à environ 24 images par seconde, et le joueur peut se déplacer avec les touches ZQSD sur son clavier. En parallèle, Genie génère le décor à la volée au fur et à mesure de l’exploration. Pour l’heure, chaque session est limitée à 60 secondes, mais il est possible de relancer le prompt pour obtenir une nouvelle variation du même monde. Google permet aussi de remixer ses mondes préfabriqués avec de nouveaux personnages ou styles visuels. Notez que la vidéo générée peut également être téléchargée, au besoin.
Last August, we previewed Genie 3: a general-purpose world model that turns a single text prompt into a dynamic, interactive environment. Since then, trusted testers have taken it further than we ever imagined — experimenting, exploring, and pioneering entirely new interactive… pic.twitter.com/JGsvs7txvf
— Google AI (@GoogleAI) January 29, 2026
Tout ceci est évidemment expérimental, avec des limites : on note ainsi une légère latence dans les contrôles, la fameuse exploration limitée à 60 secondes et l’absence, pour l’instant, de la fonction permettant d’injecter de nouveaux éléments dans un monde déjà en cours. Lors de ses tests, la publication The Verge a par ailleurs rapporté que Project Genie pouvait initialement générer des mondes inspirés de licences comme Super Mario ou The Legend of Zelda, ce qui va nécessairement causer des problèmes dans un avenir très proche. En revanche, certains de ces prompts ont ensuite été bloqués pour respecter les intérêts des ayants droit tiers.
Pour information, Project Genie est uniquement accessible via une application web dédiée. Il n’est pas intégré à l’application ou au site Gemini, et pour l’instant, son accès est réservé à l’abonnement AI Ultra de Google, facturé 250 dollars par mois. Nul doute que ce tarif, qui paraîtra élevé auprès d’un simple particulier, sera en réalité si peu pour divers studios et éditeurs peu scrupuleux, qui ne verront dans cette nouvelle technologie qu’une opportunité supplémentaire de licencier des développeurs et faire baisser les coûts de production. À terme, du moins.