Les cours des métaux précieux, propulsés ces derniers jours par les inquiétudes du marché, sont en chute libre ce vendredi. Le signe que les investisseurs sont rassurés quant à l’indépendance de la banque centrale américaine (FED) par le candidat que Donald Trump veut mettre à sa tête.
Donald Trump a annoncé vouloir nommer Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale, un choix qui rassure les marchés. - F. Greuez/SIPA
Après avoir décroché jusqu’à perdre plus de 8 %, l’once d’or était en baisse de 6,27 % à 5.037,91 dollars en début d’après-midi. L’argent, qui a lâché jusqu’à plus de 17,6 %, chutait de 14,30 % à 99,1537 dollars l’once. Ce catalyseur a amplifié le mouvement de prises de bénéfices amorcé la veille, après l’ascension fulgurante des métaux précieux en début de semaine face à la montée des incertitudes dans le monde et aux États-Unis.
Donald Trump a annoncé vendredi qu’il souhaitait placer à la tête de la Réserve fédérale américaine Kevin Warsh, un ancien gouverneur de la banque centrale américaine. « Les marchés estiment qu’un candidat plus conventionnel [que ce qui avait pu être envisagé], qui ne soit pas un simple instrument de Trump, est un frein à la spéculation sur l’or », car elle « pourrait restaurer la confiance dans l’indépendance institutionnelle de la FED », résume Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets.
« Défenseur de l’indépendance de la FED »
Le président américain a multiplié ces derniers mois les pressions sur la FED et son président Jerome Powell, dont le mandat prend fin en mai, afin de pousser l’institution à abaisser davantage les taux directeurs. « Warsh est un fervent défenseur de l’indépendance de la FED. Les craintes de [son] érosion » qui avaient contribué à soutenir le prix des métaux précieux, « devraient donc s’estomper », d’après Derek Halpenny, de MUFG.
« L’ampleur de la correction » des prix « suggère également que les acteurs du marché attendaient simplement une opportunité pour réaliser des bénéfices », indique en outre Thu Lan Nguyen, analyste de Commerzbank. La veille déjà, l’or et l’argent avaient lourdement chuté après avoir atteint des records respectifs à 5.595,47 dollars et 121,6540 dollars l’once.
Le bond des valeurs refuges
Entre le début de l’année et leurs records de jeudi, l’or a gonflé de presque 30 % et l’argent, dopé aussi par la demande industrielle dans le solaire et l’électronique, de près de 70 %. Les métaux industriels, comme le cuivre, ont aussi surfé sur la vague, en tant qu’actifs tangibles perçus comme plus sûrs que les devises.