La Région avait, en 2022, annoncé mettre à disposition plus 1 000 boutons d’alerte connectés, à destination des victimes de violences conjugales. Elle récidive en distribuant, pour l’instant à titre expérimental, dans chaque département ce même type de bouton, enregistrement sonore en plus, aux buralistes d’Auvergne Rhône-Alpes. L’expérience concerne pour l’instant 12 bureaux de tabac du Sud Loire.  

Lors de la présentation du dispositif mi décembre dans les locaux stéphanois de la Région. ©If Saint-Etienne / XA

Une logique assumée et qui va toujours un peu plus loin. La compétence « sécurité » / « tranquillité publique » prend toujours plus de place au sein de la Région AuRa. Face aux protestations de ses oppositions à ce sujet, son exécutif nous avait exposé il y a 4 ans et demi son état d’esprit par la voix de Renaud Pfeffer, vice-président délégué à la sécurité, le premier affecté, alors, uniquement à cette charge (le sport s’est rajouté depuis) : « La sécurité n’est normalement pas une prérogative du conseil régional, c’est vrai. Mais nous ne pouvons pas rester inactifs. C’est l’affaire de tous, encore plus avec un Etat qui, effectivement, n’assume plus autant ses fonctions régaliennes. Si certains renoncent, ce n’est pas notre cas. » Le maire de Mornand assume un choix dont le budget était alors annoncé à un total dépenses à hauteur de 300 M€ (sans distinction entre investissements, sans doute l’essentiel et fonctionnement) sur ce mandat qui s’achève.  

Contre 160 M€ durant le mandat précédent (2015 / 2021) qui avait vu la création de ce budget spécifique. Si le président de la Région Fabrice Panneckouke a évoqué cet automne l’idée de brigades canines dans les lycées – les bâtiments et leur gestion relèvent de la Région –, pas de nouvelles de la duplication du dispositif appliqué par l’Ile-de-France de brigades de sécurité employées par la Région en plus du développement, là, effectif des portiques et maintenant de scanners aux entrées. En revanche, les financements de vidéoprotection (caméras, appui aux créations de CSU) des municipalités se sont multipliés. Sans compter ce qui rentre dans la sécurisation du domaine plus direct de la Région, à savoir les gares ferroviaires. En 2022, la Région annonçait mettre à disposition 1 000 boutons d’alerte connectés, à destination des victimes de violences conjugales.     

L’expérimentation pourrait être généralisée

Mi-décembre 2025, elle nous indique avoir effectivement fourni 1 055 de ces boutons (achetés 39 euros pièce selon la présentation de l’époque) à « des associations spécialisées dans l’accueil et l’accompagnement des femmes victimes de violences, réparties sur l’ensemble du territoire régional ». 870 autres de ces boutons se sont ajoutés, livrés eux à des centres communaux d’action sociale (CCAS) dans le cadre de partenariats avec les Union départementales des CCAS du Rhône, de l’Isère, de l’Ardèche et de l’Allier. 25 boutons, enfin, ont été donnés à La Poste pour « soutenir des femmes salariées victimes ». Bilan communiqué le 17 décembre à l’occasion de la présentation dans la Loire d’un nouveau dispositif : toujours des boutons d’alerte mais destinés cette fois aux personnels des bureaux de tabac.

Objectif : alerter les proches et les forces de l’ordre en cas d’agression. C’est à ce stade, une expérimentation. Elle pourrait être généralisée « à terme » : Auvergne-Rhône-Alpes compte près de 2 700 buralistes environ dont 320 dans la Loire. Le 8 décembre, 200 de ces boutons avaient été distribués au siège de la Région. Des boutons d’un cm de côté pouvant se coller par exemple sur un vêtement. Appuyer dessus fait envoyer un SMS d’alerte à cinq contacts maximum de son choix enregistrés sur un téléphone portable. Pressés, ils donnent en même temps lieu à un enregistrement sonore avec l’idée d’une utilité potentielle si procédure judiciaire il y a. Comme pour les violences conjugales, les boutons Monsherif sont ceux conçus et vendus par l’entreprise désormais éponyme dont le siège social est située depuis décembre à Marseille (ex Domie Digital dont Dominique Brogi, ex élue LR de la Région Sud fut la présidente jusque fin 2025).

Une expérience à 20 000 euros

La Région acquiert donc cette fois la version des boutons buraliste qui sont « assemblés dans le Rhône », précise-t-elle, au prix de 100 € pièce. La note de l’expérimentation pour les finances de la Région est donc de 20 000 euros. Ce sera donc 270 000 si le dispositif devient systématique. Pour ce qui est de la Loire, 12 de ces boutons ont été distribués dans cadre de cette expérimentation. Tous dans le dans Saint-Etienne Métropole, expliquait le 17 décembre dans les locaux stéphanois de la Région Gilles Grangier, président de la Fédération des buralistes de la Loire. Ce dernier aux côtés de deux autres patrons de bureaux de tabac comptant des employés – l’un du Chambon-Feugerolles, l’autre de Saint-Etienne – a fait part de la satisfaction de la profession à propos de l’initiative. De la nécessité aussi, d’être mieux protégés face à un contexte se dégradant.

Une initiative comme celle-ci va dans le bon sens, ça rassure. Quand j’en ai parlé, tout le monde voulait un de ces boutons.

Gilles Grangier, président de la Fédération des buralistes de la Loire

Entre le constat de la montée des trafics illégaux, y compris de cigarettes de contrebande, parfois vendus devant les établissements, des attroupements douteux, la perte de clientèle prenant peur au passage face au spectacle, des agressions même seulement verbales et pire, des braquages et agressions physiques, le président des buralistes de la Loire dresse un tableau sombre où la profession est en première ligne d’une insécurité montante, particulièrement après 19 h. « Les dispositifs de sécurité sont de plus en plus nécessaires avec ce que nous stockons, les horaires d’ouverture, etc. Cela a un coût même si là, sur ces dispositifs fixes nous sommes aidés par l’Etat. Il faut les gérer aussi cependant. Alors une initiative comme celle de la Région, ça aide, ça va dans le bon sens et rassure. Quand j’en ai parlé, tout le monde voulait un de ces boutons. »