Sur le terrain, pourtant, la guerre continue sans relâche. La Russie poursuit ses frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, plongeant régulièrement les villes dans le froid et le noir. Vladimir Poutine n’a pas renoncé à ses objectifs. La question reste donc ouverte : ces pourparlers peuvent-ils vraiment conduire à un accord de paix ou la guerre d’usure s’étendra-t-elle à une nouvelle année ?

Le dossier épineux du Donbass

Selon le Wall Street Journal, le scénario jugé le plus probable, alors que les négociations piétinent, est celui d’un conflit qui se prolonge. Washington parie que le maître du Kremlin accepterait un accord si l’Ukraine lui cédait le Donbass, mais Kiev refuse pour l’heure fermement cette concession territoriale.

« Ce n’est pas que les Ukrainiens ne souhaitent pas la fin de la guerre, mais chaque développement militaire, industriel et politique de la Russie indique que celle-ci souhaite la poursuivre. Dans cette perspective, céder le Donbass aux Russes revient simplement à leur offrir, gratuitement, cette région, alors qu’ils dépenseraient probablement un demi-million d’hommes supplémentaires pour l’envahir », explique Andriy Zagorodnyuk, ancien ministre ukrainien de la Défense. Son gain en poche, Moscou pourrait le réutiliser comme base pour relancer l’invasion, estime-t-il encore.

L’un d’eux pourrait baisser les armes

Autre scénario possible : un affaiblissement progressif de l’Ukraine. L’armée manque d’effectifs, des soldats combattent sans repos depuis des années et les nouvelles recrues sont moins motivées. Les drones compensent en partie ce déficit, mais Moscou a réduit son retard dans ce domaine. « Les guerres d’usure se perdent lentement, puis soudainement », rappelle l’analyste Alexander Gabuev. Si l’épuisement l’emporte, les hommes de Volodymyr Zelensky pourront être contraints d’accepter un accord (très) défavorable, sans de réelles garanties de sécurité.

Enfin, certains experts envisagent que la Russie elle-même finisse par se lasser. Son économie ralentit, les sanctions pèsent et le secteur énergétique est sous pression. Pour l’instant, le Kremlin semble convaincu qu’il peut tenir plus longtemps que l’Ukraine. « La Russie ne considère pas encore la fin de la guerre comme la meilleure option », ajoute Andriy Zagorodnyuk. À ses yeux, seule une pression économique et politique accrue pourrait véritablement pousser Vladimir Poutine à rechercher un compromis.

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