Nous sommes le vendredi 30 janvier. Vous écoutez bien Radio France Internationale.
17 heures à Paris, 19 heures à Damas.
Le Journal en français facile.
Diane Berger.
Après plusieurs semaines de violences, un accord a été trouvé entre le pouvoir syrien à Damas et les Forces démocratiques syriennes, ce groupe majoritairement kurde. On fait le point sur ce que l’on sait de cet accord dès le début de ce journal.
Les négociations entre l’Ukraine et la Russie bloquent sur la question du Donbass. Notre correspondant à Odessa est allé donner la parole à des militaires ukrainiens. Ils ne veulent pas abandonner cette partie de leur pays.
Et de trois pour Sébastien Lecornu. Le Premier ministre français a, de nouveau, utilisé le 49.3, ce vendredi, sur le budget de la France pour 2026. La France insoumise et le RN déposent, chacun, une motion de censure. Elles seront examinées lundi.
Damas trouve un terrain d’entente avec les FDS – les Forces démocratiques syriennes, le groupe à majorité kurde présent dans le nord de la Syrie. Ils ont conclu un accord global après plusieurs semaines de combats dans le pays et un cessez-le-feu très fragile. Il y a eu des violences, ces derniers jours, malgré la trêve. Manon Chapelain, le texte prévoit une intégration progressive des forces militaires et administratives à majorité kurde au sein de l’État syrien. Dit plus simplement, les institutions des FDS vont fusionner progressivement avec celles de Damas.
Oui. Et cet accord fait suite à trois semaines d’offensive des autorités gouvernementales vers les territoires jusqu’ici administrés par les Forces démocratiques syriennes, à dominante kurde. Ces dernières contrôlaient, depuis 2017, près d’un tiers du territoire dans le nord-est du pays, obtenu à la faveur de la lutte contre l’organisation État islamique dans la région. Ces derniers jours, les FDS étaient retranchées dans trois localités kurdes, au nord. L’accord conclu ce matin prévoit le retrait des forces militaires des points de contrôle qui avaient été établis à proximité, la création de quatre brigades constituées de forces kurdes, la reconnaissance des droits culturels, éducatifs kurdes, ainsi que le retour de l’ensemble des déplacés dans leur région d’origine. Les autorités syriennes reprennent, quant à elles, le contrôle des postes-frontières et des installations pétrolières de la région. Les membres non syriens des FDS devront quitter le pays vers l’Irak et l’Iran. Reste à savoir comment cet accord sera appliqué sur le terrain. Une division s’était créée, ces derniers jours, au sein des forces kurdes, entre ceux qui acceptent d’abdiquer et ceux qui souhaitent continuer, coûte que coûte, à se battre. Manon Chapelain, Damas, RFI.
Plus à l’ouest [du] Moyen-Orient, Israël annonce que le poste-frontière de Rafah va rouvrir dimanche, dans les deux sens. C’est le seul point de passage entre Gaza et l’Égypte. Les conditions pour passer seront strictes. Seuls les piétons pourront traverser le poste-frontière. Il faudra l’autorisation d’Israël. Et les Palestiniens actuellement en Égypte ne pourront revenir que s’ils ont quitté Gaza pendant la guerre.
L’État islamique revendique l’attaque de l’aéroport de Niamey, au Niger. Elle a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. Les militaires au pouvoir au Niger accusent, eux, les présidents de la France, du Bénin et de la Côte d’Ivoire. Ils disent, aussi, avoir réussi à repousser l’attaque grâce à l’aide de la Russie. Et, toujours selon eux, 20 assaillants – 20 agresseurs – ont été tués.
La guerre en Ukraine au cœur des discussions, ce week-end, à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. [De] nouvelles négociations vont avoir lieu, avec plusieurs points sensibles – difficiles – sur la table, notamment, la région du Donbass. Elle appartient à l’Ukraine. La Russie veut la récupérer. Les combats y sont très importants. Théo Renaudon, notre correspondant, est allé demander leur avis à des soldats ukrainiens.
Au bord de la mer Noire, deux artilleurs passent la nuit à guetter une éventuelle attaque russe. Même s’ils reconnaissent que ces négociations sont nécessaires, ils s’opposent clairement à l’idée de céder le Donbass.
« Il faut regarder la carte. Après les régions de Donetsk et de Louhansk, ce sont des plaines. Si on leur cède cette partie, ils auront alors un boulevard vers Kharkiv, Poltava, Dnipro, Zaporijjia. Ils choisiront simplement où avancer avec leurs colonnes. »
Après bientôt quatre ans de conflit, les deux hommes se disent fatigués par cette guerre interminable, mais déterminés à l’emporter.
« Ça fait quatorze ans qu’on leur cède pas Donetsk. Et on devrait leur donner comme ça ? À l’heure actuelle, nous voulons toujours reprendre nos terres. Ce ne sera jamais chez eux. »
Selon eux, cette séquence de négociations risque bien de diviser les Ukrainiens sur les concessions à réaliser, dans un moment où le pays a besoin d’unité. Théo Renaudon, Odessa, RFI.
Toujours concernant l’Ukraine, le Kremlin confirme avoir accepté une demande de Donald Trump, le président américain. L’armée russe ne va pas frapper Kiev jusqu’à dimanche, car il va faire très froid dans les jours qui viennent. Les habitants sont souvent privés de chauffage et d’électricité à cause des bombardements de la Russie. Kiev promet aussi, ce vendredi, de ne plus frapper des sites énergétiques en Russie si Moscou accepte de faire la même chose.
Donald Trump a choisi l’homme qu’il veut voir à la tête de la Fed, la Réserve fédérale ; c’est la banque centrale des États-Unis. Il s’agit de Kevin Warsh, un proche du président américain. Son nom doit, maintenant, être validé par le Sénat. Si c’est bien le cas, il prendra ses fonctions au mois de mai, à la fin du mandat – c’est-à-dire de la mission actuelle – de Jerome Powell, le président de la Fed pour le moment. Donald Trump le critiquait très souvent, ces derniers mois.
La police fédérale américaine arrête un ancien présentateur de la chaîne CNN, Don Lemon. C’est à la demande de Pam Bondi, la ministre de la Justice des États-Unis. L’homme, qui est devenu journaliste indépendant après avoir quitté CNN, avait couvert une action contre la police de l’immigration dans une église du Minnesota, il y a deux semaines. Trois autres personnes ont été arrêtées en lien avec cette manifestation. L’avocat de Don Lemon parle d’une attaque « grave » contre le premier amendement de la Constitution américaine, celui qui protège la liberté de la presse. Une nouvelle manifestation contre la police de l’immigration commencera dans quatre heures à Minneapolis.
Toujours aux États-Unis, une juge fédérale annonce que Luigi Mangione ne risque plus la peine de mort. Ce jeune Américain est suspecté du meurtre du patron de la plus grande compagnie d’assurance des États-Unis. C’était en décembre 2024. La peine de mort est écartée, mais il risque toujours la prison à vie, dans cette affaire qui avait provoqué de grands débats dans son pays.
En France, c’est bientôt la fin du très long feuilleton du budget. Après des mois de débats au Parlement, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a utilisé une troisième fois le 49.3 à l’Assemblée nationale, ce vendredi ; cet article qui permet de faire adopter un texte sans le vote des députés. Sébastien Lecornu a voulu aller vite, Victorien Willaume.
Un Premier ministre visiblement pressé d’en finir : treize secondes de prise de parole, au total.
« Mesdames et Messieurs les députés, la France doit avoir un budget. Et, donc, devant cet hémicycle, j’engage la responsabilité du gouvernement sur l’ensemble du PLF pour 2026, sur la base de l’article 49 de la Constitution. »
Comme prévu, dans la foulée, la France insoumise annonce qu’elle va déposer une nouvelle motion de censure. Ce sera le cas, également, du RN. Elles seront examinées lundi, à 17 heures. Mais les Insoumis ne se font plus guère d’illusions. Si les écologistes et les communistes soutiennent la censure, les socialistes ne joindront pas leurs voix. La motion ne sera, donc, pas adoptée et Sébastien Lecornu restera, donc, en poste. Le député LFI et président de la commission des finances, Éric Coquerel.
« Donc, voilà. Ça sera le dernier moment où on va pouvoir s’exprimer sur ce texte. Je pense pas que la motion va passer, puisque, en gros, l’écart ne se réduit pas. Il est faible, mais il se réduit pas. Ce que je regrette profondément. »
Une fois la motion de censure rejetée, lundi, et après quatre mois de très intenses discussions au Parlement, le budget de l’État sera définitivement adopté.
Victorien Willaume, du service politique de RFI.
Et puis du tennis, pour terminer. Novak Djokovic a battu Jannik Sinner en demi-finale de l’Open d’Australie. Une victoire en cinq sets. Le Serbe affrontera en finale Carlos Alcaraz. Le match aura lieu dimanche prochain. C’est, donc, dans deux jours.
Il est maintenant quasiment 16 h 10 en temps universel.
C’est la fin de ce Journal en français facile.
Vous pouvez le retrouver sur le site dédié www.francaisfacile.rfi.fr. Il y a sur ce site, aussi, un script et des exercices pour vous entraîner.