Par

Fabien Massin

Publié le

30 janv. 2026 à 19h15

Rebondissement dans le projet du futur musée Beauvoisine à Rouen (Seine-Maritime), qui doit aboutir dans les prochaines années à la fusion du musée des antiquités et du muséum d’histoire naturelle. Le tribunal administratif a partiellement accédé à la demande de classement au titre des monuments historiques, déposée par l’association Urgences Patrimoine — avec un universitaire — auprès du ministère de la Culture.

Ce classement concerne le mobilier d’exposition des collections du muséum, mais non les bâtiments, comme cela avait également été demandé. L’enjeu pour l’association : la conservation de la scénographie du XIXe siècle, menacée selon elle dans le projet scientifique actuel du futur musée Beauvoisine. 

Des galeries « modèles » menacées dans leur « cohérence et leur intégrité »

Dans un communiqué dévoilé vendredi 30 janvier 2026, le tribunal souligne :  « Pour la première fois en France à compter de la fin du XIXe siècle, le muséum a procédé à un ordonnancement méthodique des salles et galeries et à une présentation scientifique des collections, avec la présentation d’animaux naturalisés en évolution dans leur milieu de vie reconstitué, en particulier dans le cadre de dioramas. »

Les galeries des mammifères et des oiseaux avec leurs dioramas, et les salles d’anatomie et d’embryologie humaine du muséum d’histoire naturelle de Rouen faisaient figure, encore au milieu du XXe de « modèle ». Leur valeur patrimoniale est, dans cette mesure, indéniable.

Le tribunal administratif de Rouen

Le tribunal estime que, « en dépit des remaniements qu’elle avait pu connaître jusqu’à aujourd’hui, la muséographie du muséum avait conservé son identité originelle ». Or, appuie le tribunal, « le programme de rénovation du pôle muséal Beauvoisine est de nature à porter atteinte à leur cohérence et leur intégrité« .

En conséquence, selon le tribunal, tout cela justifie que le mobilier d’exposition des collections du muséum d’histoire naturelle « soit placé sous le régime de l’instance de classement ».

« Une grande satisfaction »

« C’est une grande satisfaction, se réjouit Alexandra Sobczak, présidente de l’association Urgence Patrimoine. Mais c’est une victoire du bon sens, la muséographie du XIXe est l’atout majeur du muséum. La mise en instance de classement gèle, quoi qu’il arrive, tout projet de démolition ou d’extraction des vitrines pendant un an. »

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Et avec son association elle ne compte en rester là. « Nous allons déposer une nouvelle demande classement d’urgence pour les bâtiments des anciennes facultés, qui ne font plus partie du projet de musée Beauvoisine. Actuellement ils servent de réserve, mais quand le nouveau centre de conservation de Déville-lès-Rouen sera opérationnel, qu’en sera-t-il ? Nous ne sommes pas des empêcheurs de tourner en rond, mais j’ai peur qu’une démolition intervienne si rien n’est fait. »

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