L’affaire avait fait réagir le gouvernement. BFMTV a retrouvé la trace du jeune Franco-Kurde qui avait été frappé par des policiers le 19 janvier avant d’être relâché. Mineur et âgé de 17 ans, il est traumatisé, affirment des proches. Sa famille envisage de déposer plainte.

Sur les images, filmées en hauteur, on aperçoit le jeune homme amené de force vers un véhicule par trois policiers, casqués, munis de matraques. Il reçoit un coup de matraque au niveau du crâne puis plusieurs autres coups dans les jambes. Plaqué ensuite contre le capot, le jeune homme essuie de nouveaux coups au niveau du genou, toujours par le même fonctionnaire de police. Un autre policier lui met ensuite un coup au visage et le tire par les cheveux, avant qu’il prenne la fuite, sous les insultes: « connard », « kebab sur pattes ».

Après cette interpellation musclée qui s’est déroulée le 19 janvier, rue Bichat à Paris (Xe arrondissement), le parquet avait confié une enquête à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, pour faire toute la lumière sur le contexte de cette arrestation « au cours de laquelle des policiers étaient vus porter des coups de matraque ».

« Il est sous le choc et il ne sort plus de chez lui »

Selon nos informations, le jeune homme en question, Yassine, un Franco-Kurde de 17 ans que BFMTV a pu identifier, manifestait ce soir-là en soutien au Rojava, une région rebelle de Syrie contrôlé par les Kurdes, lorsque des échauffourées ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre. Yassine G est mineur et scolarisé dans un lycée d’Ile-de-France.

Yassine et ses parents attendent maintenant les résultats de l’enquête de l’IGPN. « Il est traumatisé, il est sous le choc et il ne sort plus de chez lui », indique un proche joint par BFMTV. « Les coups au visage lui ont fait mal, parce qu’il avait des brûlures depuis un récent accident de moto », poursuit-il.

Selon nos informations, sa famille envisage de déposer plainte. Contacté par BFMTV, un avocat de plusieurs manifestants du 19 janvier, Me David Andic, dit avoir été mandaté par plusieurs personnes blessés ce jour-là. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a également demandé à la préfecture de police de Paris d’ouvrir une enquête administrative.

Article original publié sur BFMTV.com