Une élève d’une école d’art frappant une pinata représentant une voiture de police, lors d’un atelier collaboratif à Mulhouse, le 29 janvier 2026.

Capture d’écran Instagram

Une élève d’une école d’art frappant une pinata représentant une voiture de police, lors d’un atelier collaboratif à Mulhouse, le 29 janvier 2026.

La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, s’est déroulée jeudi 29 janvier à Mulhouse. Lors d’une fête rassemblant une quarantaine de personnes, des étudiants de la Haute école des arts du Rhin (HEAR) ont exécuté une « performance artistique » qui fait aujourd’hui bondir le ministre de l’Intérieur.

Sur une vidéo d’une vingtaine de secondes, on peut notamment voir un élève frapper à plusieurs reprises avec acharnement et les yeux bandés une pinata géante représentant une voiture de police, sous les vivats du public, comme l’a repéré le journal L’Alsace ce vendredi 30 janvier.

Traditionnellement, cet objet creux en papier ou en carton, qui est suspendu au préalable, est frappé jusqu’à ce que son contenu en soit libéré.

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« Dès hier soir, informé de ces faits franchement inadmissibles, j’ai demandé au @prefet68 de saisir la justice pour déterminer les responsabilités. Commis par des étudiants dans une école publique, ces faits sont d’autant plus choquants. Il ne faut pas laisser passer cette idéologie anti flics », a écrit sur X Laurent Nuñez, repartageant un communiqué du préfet du Haut-Rhin après ces faits.

Depuis, une enquête judiciaire pour « outrage » aux forces de l’ordre et au drapeau tricolore a été ouverte, a annoncé ce vendredi le parquet. Les agents du commissariat, en charge de l’enquête, ont vu la vidéo et une photo prise sur place montrant « un drapeau tricolore avec l’inscription “Police nationale” éventré en son milieu », a précisé le magistrat.

Selon une participante ayant requis l’anonymat, cette « performance artistique avec un propos politique » visait à dénoncer « les violences et les dérapages des forces de l’ordre, mais à l’international », sans viser spécifiquement la police française. Il s’agissait également de « s’interroger sur les formes de carnavals », a expliqué cette étudiante auprès d’un correspondant de l’AFP.

Une « proposition » de trois étudiants

Une autre personne invitée et qui a requis l’anonymat a dit à un correspondant de l’AFP qu’« il n’y a jamais eu le moindre propos déshonorant vis-à-vis de la police ».

Le directeur de la HEAR, Stéphane Sauzedde, a indiqué dans un communiqué « regrette(r) que cette proposition » de trois étudiants, dans le cadre de la « restitution publique d’un atelier mené par des étudiants avec une artiste, consacré aux fêtes populaires », « ait pu être comprise comme dégradante ou insultante ».

Après avoir dit « l’importance du respect dû à toutes les institutions publiques », il a rappelé que cette « représentation symbolique et non réaliste, en carton, d’un véhicule de police, conçue sous la forme d’une pinata, est une performance artistique qui s’inscrit dans le cadre d’un travail pédagogique sur le carnaval ».

« À ce titre, elle relève pleinement des champs de la création, de l’expérimentation et du débat esthétique, qui traversent l’histoire de l’art », a encore argué Stéphane Sauzedde. « Dans les prochains jours, un travail pédagogique précis sera fait sur l’articulation de la liberté de création et de la responsabilité des artistes. Cela paraît nécessaire dans un contexte politique complexe comme celui actuel », a-t-il conclu.

Dans un communiqué, la maire de Mulhouse Michèle Lutz évoque elle « une mise en scène de très mauvais goût », alors qu’une de ses adjointes à assister à la scène jeudi soir. « Plusieurs étudiants étaient invités à casser ce véhicule à grands coups de bâtons, guidés dans leur geste par un public festif. Je considère que la liberté d’expression, y compris artistique, ne peut permettre et justifier tous les outrages. J’ai également appris que le premier choix était l’incendie d’un véhicule de pompiers factice avant de finalement retenir cette “pinata policière” », a poursuivi l’édile du Haut-Rhin.