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Ce 30 janvier, un acte de vandalisme homophobe a été commis à Strasbourg au sein de l’église Saint-Guillaume. Sur l’exposition Ils s’aiment actuellement présentée, une inscription « Lévitique 18:22 » a dégradé au marqueur noir le plus grand cliché de l’expo, montrant deux jeunes hommes avec l’écriteau « not married but willing to be ». Un acte « sale et répugnant » selon Cyril Pallaud, président de Passions Croisées.
Un acte homophobe en plein centre de Strasbourg en 2026. En ce moment, pour Strasbourg mon Amour, l’église Saint-Guillaume accueille l’exposition Ils s’aiment, qui réunit une trentaine de clichés d’hommes amoureux issus de la collection américaine de Hugh Nini et Neal Treadwell, pris entre 1850 et 1950, à une époque où l’homosexualité était encore un délit.
Au sein de l’exposition, le plus grand cliché est une photo de deux jeunes hommes tenant un écriteau, avec inscrit dessus « not married but willing to be » [pas mariés, mais prêts à l’être, ndlr]. Sauf qu’aux alentours de 18h ce 30 janvier, Cyril Pallaud y a découvert une inscription au marqueur noir : « Lévitique 18:22 ». Un passage de la Bible, qui signifie : « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. »
© Tiphaine Rabolt / Pokaa
Saint-Guillaume va porter plainte
Un acte de vandalisme homophobe, que le président de Passions Croisées dénonce comme « sale et répugnant » dans un communiqué de presse. Il développe : « Encore une fois, on s’attaque à la communauté LGBT. J’aime énormément cette photo car elle est symboliquement forte. Elle est touchante et montre la force d’un amour sincère. S’y attaquer est lâche et surtout très grave. »
Il a ensuite contacté le pasteur de Saint-Guillaume, Daniel Boessenbacher, qui a décidé de porter plainte : « Si chacun a le droit d’avoir son opinion, il ne s’agit pas de se cacher derrière un verset biblique pour justifier du vandalisme et de l’homophobie qui sont des actes punis par la loi. »
© Document remis
Un acte qui, loin de décourager l’équipe derrière Saint-Guillaume, ne fait que renforcer sa détermination selon Guillem Aubry, directeur artistique de Passions Croisées : « Organiser [cette exposition] dans une église, alors même que les églises ont condamné [l’homosexualité] durant des siècles, montre qu’aujourd’hui, il est possible d’avoir une église ouverte, inclusive. Cet acte de dégradation ne fait que renforcer notre souhait de continuer à nous battre ! »
D’un point de vue plus personnel, on souffle encore très fort de voir, qu’en 2026, de tels actes de vandalisme homophobes aient encore cours. Et l’on espère que la personne responsable soit retrouvée. En attendant, on lui conseille de regarder ce passage de The West Wing sur le sujet. Soutien à l’église Saint-Guillaume.