La formule FAFO (« Fuck Around and Find Out », que l’on pourrait traduire par « Cherche les ennuis et tu en subiras les conséquences ») s’est imposée comme l’un des marqueurs les plus commentés du second mandat de Donald Trump. Dans une analyse relayée par Courrier International, cette posture est décrite comme une rupture avec les doctrines américaines structurées du XXe siècle : plus qu’un cadre stratégique formalisé, il s’agit d’un principe de dissuasion brutale, résumé à l’idée que tout dirigeant défiant les Etats-Unis s’expose à une riposte immédiate. L’intervention menée début janvier 2026 au Venezuela, présentée par l’administration comme une démonstration de fermeté, a servi de point d’ancrage à cette communication politique.
Dans les heures qui ont suivi l’opération, la Maison-Blanche a amplifié le message à travers une communication assumée autour du slogan « No games. FAFO. », transformant une expression virale en signature diplomatique. La presse anglo-saxonne, comme le Financial Express, a largement relayé cette mise en scène, soulignant que l’administration cherche à installer l’idée d’une politique étrangère fondée sur l’action directe plutôt que sur les négociations prolongées.
Agir rapidement pour gagner en crédibilité
Cette nouvelle ligne a été défendue publiquement par Marco Rubio et par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui ont insisté sur la nécessité d’envoyer un signal clair aux adversaires des Etats-Unis, notamment en Iran et au Moyen-Orient. L’argument avancé est que la crédibilité américaine repose désormais sur la capacité à agir rapidement, y compris dans l’hémisphère occidental, considéré comme prioritaire.
Plusieurs observateurs contestent toutefois l’idée qu’il s’agisse d’une doctrine au sens traditionnel. Dans The Atlantic, des analyses rappellent que la politique étrangère de Donald Trump s’apparente davantage à une logique transactionnelle et circonstancielle qu’à un cadre conceptuel stable. L’activation d’une version élargie de la doctrine Monroe, appliquée de façon offensive en Amérique latine, alimente l’idée d’un retour assumé à une lecture régionale de la puissance américaine.
En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.
Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies
J’accepteDe la diplomatie à la justice
Le débat dépasse désormais le seul cadre institutionnel. L’analyste américain David Rothkopf, dans une tribune publiée sur sa plateforme Substack, estime que cette rhétorique de confrontation permanente pourrait produire un effet boomerang stratégique. Selon lui, une politique fondée sur la provocation et la démonstration de force risque d’accroître l’instabilité internationale et de renforcer la cohésion des puissances rivales face aux Etats-Unis.
Notre dossier sur les Etats-Unis
Enfin, l’acronyme FAFO s’est diffusé au-delà de la diplomatie. Fin janvier 2026, des procureurs locaux américains ont lancé une coalition baptisée « F.A.F.O. » (« Fight Against Federal Overreach ») qui peut se traduire par « lutte contre les abus de pouvoir du gouvernement fédéral »), visant des poursuites contre des agents fédéraux accusés d’excès de pouvoir, explique le site Court House News. Cette appropriation intérieure montre comment un slogan né dans le débat stratégique international s’est transformé en symbole plus large de confrontation politique aux Etats-Unis.