C’est la principale surprise du film : l’apparition de Brigitte Macron en visioconférence avec Melania Trump. Celle qui n’est pas encore first lady est chez elle, dans son bureau, dans la Trump Tower. Vêtue d’une veste en cuir marron, la première dame française apparaît à l’écran, sur un fond blanc estampillé « République française ». « Hello Melania ! Je suis tellement contente de vous voir » lance-t-elle, en anglais. « Moi aussi, après si longtemps ! » Et les deux discutent du programme « Be Best », programme d’aide à l’enfance contre le harcèlement en ligne, lancé par Melania pendant le premier mandat de son mari. « Après la Maison-Blanche (pendant le mandat de Joe Biden, NDLR), j’ai continué. Savez-vous qu’en Amérique les enfants passent 8 heures par jour devant l’écran ? » interroge Melania, qui veut savoir ce qui s’est fait en France sur ce sujet et si ça a marché. 

Brigitte Macron passe alors au français, et détaille à son interlocutrice son programme pHARe (Prévenir le Harcèlement et Agir avec Respect) à l’école : « Pas de portable avant 9 ans, portable autorisé à 11 ans, portable sans internet (…) Mais ce que je voudrais, Melania, c’est qu’on aille sur la prévention. J’ai besoin d’aide, qu’on construise quelque chose ensemble, un message. » Melania répond alors que son prochain objectif est de créer des relations et des coalitions avec les leaders mondiaux. « J’espère que vous vous joindrez à moi », lance-t-elle. Et Brigitte de répondre, en anglais cette fois : « Avec plaisir. I would go anywhere with you (« Avec vous, j’irais n’importe où »). Je suis sûre que ça va marcher. Parce que vous êtes très forte. »

« Vis ma vie de première dame »

La conversation a lieu début janvier 2025, à quelques jours de l’investiture de Donald Trump. Le fait que Melania diffuse cet échange dans le film à sa propre gloire n’est pas anodin : elle veut qu’on sache qu’elle s’entend bien avec Brigitte Macron, et vice-versa. La séquence semble impromptue mais ne l’est pas, comme tout le reste du film, filmé par Brett Ratner, et diffusé dans une trentaine de pays. Un peu plus loin dans le film, une autre première dame apparaît : Rania de Jordanie, avec qui Melania discute à Mar-a-Lago et qui veut « utiliser son influence de manière positive et inspirante ».

« MELANIA » (en lettres capitales), le film sur la première dame et coproduit par elle, aurait pu s’intituler « vis ma vie de première dame ». On découvre les coulisses de la Maison-Blanche le jour de l’investiture de son mari : le ballet des déménageurs entre ceux, sortants, des Biden et les autres, entrants, des Trump. Facétieuse, Melania fait signe à la caméra de s’approcher pour qu’on aperçoive la cuisine de la résidence présidentielle privée. Ce n’est pas très spectaculaire mais c’est exceptionnel, car l’endroit n’a jamais été filmé. On voit aussi une Melania qui s’effondre sur le canapé situé juste devant la célèbre fenêtre en rotonde, que les fans de la série « West Wing » reconnaîtront. C’est le seul moment du film où Melania, encore vêtue de sa robe blanche de gala zébrée de noir (on apprend que ce sont ses deux couleurs fétiches), laisse apparaître sa fatigue. Quelques minutes plus tôt, elle jure que la journée était « intense, mais qu’elle ne l’a pas vue passer ». Là, elle décroise les jambes de manière vertigineuse et se laisse aller. La journée d’investiture, avec ses discours, ses banquets, ses multiples bals, a été longue…

Ce même jour, autre surprise, on aperçoit Donald Trump se retourner vers son prédécesseur Joe Biden, qui depuis quelques minutes n’est plus président, lui lancer un regard sympathique et une petite tape amicale dans le dos. La scène est étonnante : évidemment les démocrates font des visages d’enterrement, mais Biden fait bonne figure. Il écoute attentivement (on voit qu’il est dur d’oreille) le chargé du protocole expliquer à l’ancien et désormais actuel maître de la Maison-Blanche, entourés de leurs proches, qui va être placé où, et comment. Comme dans un film.

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Où sont les enfants de Trump ?

Melania confirme aussi, dans le film, son goût pour la mode, qui lui vient de sa mère, dit-elle, à qui on la voit rendre hommage le 9 janvier 2025 dans la cathédrale Saint-Patrick à New York, de retour d’un autre enterrement, celui de Jimmy Carter. Comme nous l’avait raconté en 2016 son styliste, le Français Hervé Pierre, très présent dans le film, elle a un goût très sûr de ce qu’elle veut et sur la manière dont elle souhaite apparaître. Elle donne des directives avec un souci très poussé du détail sur la taille d’un col ou le message vestimentaire qu’elle désire projeter.

À noter que les enfants Trump sont les grands absents du film : on les voit apparaître rapidement à l’écran mais elle n’en parle pas, à l’exception de Barron, son fils unique, un garçon « qui a une grande confiance en lui » jure-t-elle, ce qui ne l’empêche pas de s’inquiéter de la taille de son lit à la Maison-Blanche, où il ne vit pas mais où il se rend de temps en temps. « Par rapport à la dernière fois, il lui en faudra un plus grand ! », sourit-elle, car il était beaucoup plus petit quand il en était parti en 2020…

Melania lance aussi des messages politiques subliminaux, comme cette scène, que personne n’avait vue à l’époque, où l’on voit le démocrate Bill Clinton (42e président des États-Unis) éclater de rire avec le républicain George W. Bush (43e président). Le message est transparent : la vieille garde, de droite comme de gauche, se serre les coudes pendant que son mari est là pour « make America great again » (rendre sa grandeur à l’Amérique).

Melania est visiblement très fière d’avoir fait ajouter le mot « unificateur » dans le discours d’investiture de son mari : on la voit assister à une séance de travail quelques jours plus tôt, où Trump répète son discours devant ses conseillers. Quand elle lâche ce mot « unificateur », Donald Trump dit qu’il n’avait pas l’intention de l’utiliser. Il se tourne vers la caméra et demande de couper, mais Melania intervient et lance : « Non, continuez », en riant. Finalement, Trump finira par le lâcher dans son discours, et se tournera vers Melania en lui lançant un regard complice. Trump a donc officiellement promis d’unifier le pays, même si on attend toujours des résultats de ce côté-là…