Julia Mignacca et Guilhem Vern et leurs co-listiers respectifs ont claqué cette semaine la porte de la liste du Printemps montpelliérain conduite par Jean-Louis Roumégas. Un simple épiphénomène inhérent à toute campagne électorale ?

La machine à perdre est-elle en route chez les écologistes montpelliérains ? La question se pose après le départ de dix personnes, cette semaine, de la liste conduite par Jean-Louis Roumégas, sous la bannière du Printemps montpelliérain. Julia Mignacca, qui a démissionné du parti Ecologistes-EELV, a rejoint la liste « Faire mieux pour Montpellier » derrière Nathalie Oziol (LFI). Guilhem Vern a lui aussi claqué la porte et s’affiche désormais ostensiblement aux côtés des élus de la majorité municipale sortante. À savoir Manu Reynaud, Marie Massart, Stéphane Jouaut et consorts, tous exclus ou suspendus d’EELV, personne ne sait plus très bien à vrai dire. Une situation qui fait écho à 2020, lorsque Clothilde Ollier, donnée en tête des sondages, avait été écartée en raison de sa proximité avec les Insoumis.

Pour Roumégas, « la situation est plus claire »

De quoi couler la dynamique portée par le député écologiste ? « Je suis plus que jamais candidat », répond l’intéressé sur sa page Facebook. « Ces départs apportent au contraire des éclaircissements », affirme Jean-Louis Roumégas. Trois tendances bien distinctes se dessinent en effet. Il y a ceux qui veulent continuer à faire alliance avec la majorité socialiste de Michaël Delafosse, ceux qui prônent la rupture avec le maire sortant en rejoignant les Insoumis et enfin ceux qui défendent une ligne autonome. Tous ont de bonnes raisons.

« On risque de n’avoir aucun élu à la Ville ni à la Métropole avec une liste créditée d’à peine 4 à 7 % des intentions de vote« , constate Guilhem Vern. Le militant explique aussi son choix en raison du ralliement de Serge Martin, « principal conseiller d’Altrad en 2020 » au Printemps montpelliérain et au départ de Julia Mignacca. Dans sa lettre de démission du parti et de ses fonctions de présidente du conseil fédéral, cette dernière évoque en grande partie des enjeux nationaux… qui rejaillissent localement. Elle reproche à Jean-Louis Roumégas son refus de s’allier avec LFI « pourtant très forte électoralement avec laquelle nous partageons des bases programmatiques communes ». Lui y voit la conséquence de la réunion qui s’est tenue à Tours, le 24 janvier dernier, avec les parties prenantes de la « gauche unitaire » pour organiser une primaire commune en vue des présidentielles. À ceci près que LFI ne participe pas…

« On ne change pas de stratégie » clame Jean-Louis Roumégas

Quant à la question de sonder à nouveau les 400 militants écologistes montpelliérains sur la stratégie pour les municipales, Jean-Louis Roumégas balaie l’hypothèse fermement. « C’est faux ! On ne change pas de stratégie à 45 jours des élections. J’ai le soutien du parti et de la majorité des adhérents. » Accusant ses anciens colistiers de faire de la « propagande », il appelle « au sérieux. Il faut que ces histoires de tambouille s’arrêtent pour laisser place au débat d’idées. » Alors, éclaircissement ou spectacle affligeant ? Aux électeurs de choisir.

Pour François Thiollet, il faut « sortir de l’étau entre le PS et LFI »

Du côté des instances nationales, François Thiollet, secrétaire national adjoint des Écologistes, le parti de Marine Tondelier, maintient sa confiance dans la candidature de Jean-Louis Roumégas. « Le départ de Julia Mignacca et de quelques militants déstabilise l’organisation du groupe local, mais il clarifie les choses », estime-t-il. La ligne politique reste inchangée : « Nous allons réunir les militants prochainement, mais le choix d’une liste autonome est confirmé ».

Pour sécuriser la campagne, la direction nationale envisage de reprendre directement la gestion du groupe local, afin de permettre à Jean-Louis Roumégas et à son équipe de travailler sereinement. « L’objectif est surtout de sortir de l’étau entre La France insoumise et le Parti socialiste », poursuit François Thiollet.

Il cite notamment le combat contre l’incinérateur CSR, « un vrai sujet écologiste », s’interrogeant sur la manière dont il sera désormais porté par Julia Mignacca au sein de LFI. « Chacun est désormais dans son couloir. J’espère simplement que la gauche saura se rassembler au second tour pour conserver Montpellier à gauche ». Tout en estimant toujours que « la politique de Michaël Delafosse reste, selon nous, insuffisamment écologique. »