Il est bien plus vieux que les dinosaures. Le plus ancien vomi fossile terrestre a été identifié par une équipe internationale de chercheurs à Bromacker, dans le centre de l’Allemagne, rapporte le CNRS ce vendredi. Daté d’environ 290 millions d’années, soit plusieurs dizaines de millions d’années avant l’arrivée des dinosaures, il représente une découverte précieuse pour les paléontologues.

En effet, ce régurgitalithe (nom scientifique donné aux régurgitations animales fossilisées NDLR) révèle le régime alimentaire des prédateurs qui peuplaient la Terre pendant la période géologique du Permien. Selon les chercheurs, ce vomi a été rejeté par un Dimetrodon, un parent très ancien des mammifères qui pouvait atteindre 4 m de long.

Le plus grand échantillon terrestre

D’une exceptionnelle conservation, il renferme 41 os, notamment de petits reptiles et d’un amphibien partiellement digérés. Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques ont scanné chaque fragment en 3D grâce à des rayons X et ont analysé la composition chimique des roches et de la faune qui entoure le fossile. « En plus d’apporter une preuve directe du régime alimentaire de son auteur », ce régurgitalithe « ouvre une fenêtre inédite sur la compréhension des réseaux trophiques, et plus généralement du fonctionnement des écosystèmes terrestres avant l’apparition des dinosaures », indique le CNRS dans un communiqué.

L’échantillon, mesurant 5,2 cm, 3,1 cm de large et 1,4 cm d’épaisseur est également le plus grand découvert sur la terre ferme à ce jour, précise la revue Nature dans un article publié ce vendredi.

Ce type de découverte reste plutôt rare. Jusqu’ici, les régurgitalithes de cette époque n’avaient été découverts que dans des dépôts aquatiques, ces derniers offrant de meilleures conditions pour leur préservation.

Lundi, le musée du Sjælland oriental au Danemark a indiqué avoir trouvé un morceau de vomi fossilisé bien vieux de (seulement) 66 millions d’années.