« C’est un gain de temps et de confort, un risque allergique en moins. C’est moins invasif, il y a moins de conséquences dans le quotidien des patientes. C’est aussi une chirurgie plus précise. » Ce jeudi 29 janvier 2026, le docteur Aurore Foret n’oublie aucun des atouts de la technologie de pointe dont le service de chirurgie gynécologique du centre hospitalier de Cornouaille qu’elle dirige à Quimper vient de se doter. Un équipement destiné à la détection de certains cancers, notamment de l’endomètre, 5e cause de cancer chez la femme, et du col de l’utérus.

Un investissement conséquent

Désormais, les treize praticiens du service peuvent en effet travailler avec une colonne de cœlioscopie, équipée d’un écran 4k offrant une vision très précise, et surtout, d’une technique de fluorescence, déjà installée sur un autre robot du bloc opératoire quimpérois. En chirurgie gynécologique, le gros avantage de cet équipement acquis par l’établissement de santé et évalué entre 80 000 € et 100 000 €, « c’est la recherche du ganglion sentinelle », appuie Aurore Foret.

La technique passe par l’imagerie endoscopique, qui permet de révéler la fluorescence, à partir du produit injecté dans le col ou sous la muqueuse de l’utérus.La technique passe par l’imagerie endoscopique, qui permet de révéler la fluorescence, à partir du produit injecté dans le col ou sous la muqueuse de l’utérus. (Le Télégramme/S. B.)

En schématisant, ce ganglion est le premier d’une chaîne. Lui seul sera prélevé lors de l’intervention, pour être envoyé en analyses. Le résultat sera connu sous dix jours au maximum, « ce qui est très court », insiste le médecin. D’ajouter : « L’intérêt de n’en prélever qu’un sur le relais, c’est que si lui n’a pas la maladie, les autres ne l’auront pas non plus. Par contre, s’il est positif, on adaptera le traitement, les thérapeutiques ».

Comment ça marche ?

Pour détecter ce ganglion, les équipes injectent soit dans le col, soit dans la muqueuse de l’utérus, 10 ml d’un liquide fluorescent, le vert d’indocyanine, lorsque la patiente arrive au bloc. Il permet donc de révéler, grâce à un système d’imagerie endoscopique, la vascularisation des organes et le drainage lymphatique. Le produit s’élimine ensuite rapidement, sans se voir. Il s’agit là d’une avancée majeure. « Avant, on injectait le matin un produit entre guillemets radioactif, que l’on pouvait détecter depuis une sonde. La patiente allait ensuite au centre de médecine nucléaire. Puis un bleu de patenté était injecté au bloc pour le repérage du ganglion sentinelle. L’inconvénient, c’est qu’il est particulièrement allergisant », explique Aurore Foret.

Pour les cancers du sein, il faudrait une autre caméra, plus adaptée et moins volumineuse.Pour les cancers du sein, il faudrait une autre caméra, plus adaptée et moins volumineuse. (Le Télégramme/Sophie Benoit)

Autre difficulté, jusqu’à présent, tous les ganglions étaient retirés lors d’un curage. Des ganglions pourtant essentiels car s’ils restent « le moyen de diffusion préférentiel pour certaines maladies cancéreuses », ils sont aussi « des éléments de relais dans la défense du corps », précise le chef de service. D’où l’intérêt de ne pas toucher aux ganglions « sains ».

Et demain, pour les cancers du sein ?

Aujourd’hui, l’utilisation de la fluorescence est recommandée au niveau national pour la prise en charge des tumeurs de l’endomètre. À Quimper, la première patiente en a bénéficié en décembre 2025. Et Aurore Foret estime qu’une quarantaine de patientes pourrait en avoir besoin chaque année ; une dizaine, pour la détection des cancers du col.

Et l’établissement ne compte pas s’arrêter là. La technique peut aussi être utilisée en dermatologie, pour la détection des mélanomes. En urologie, les équipes s’en servent pour vérifier la vascularisation. Aurore Foret espère que l’an prochain, l’acquisition d’une caméra spécifique permettra de prendre en charge les cancers du sein.