Le roi consort sera brûlé à la place de la souveraine, comme le souhaite la tradition carnavalesque, a annoncé le maire Christian Estrosi, pour cette 253e édition.
Une couronne où s’entrelacent boutons de fleurs et végétation et où se nichent papillons et oiseaux colorés surmonte sa chevelure verte. Quelques mèches tombent sur ses yeux, de la même couleur : sur le croquis dévoilé vendredi, sous les dorures de la Villa Masséna, celle qui est dépeinte en Mère Nature protectrice est donc la nouvelle et première reine du carnaval de Nice (Alpes-Maritimes). Au bout de sa main gauche, un crapaud est affublé d’une couronne dorée ; son autre bras repose sur un trône composé d’un paon et de fleurs roses et rouges et tiendra prochainement les clefs de la ville.
Pour sa 253e édition, intitulée justement «Vive la Reine», Nice met à l’honneur la gent féminine, au cours de festivités qui débuteront dans une poignée de jours, le 11 février et dureront jusqu’au 1er mars 2026. «Nous avons estimé que ce serait une année très féminine, notamment avec l’arrivée du Tour de France féminin», a commenté le maire Christian Estrosi. «Partout dans le monde, il y a des reines qui gouvernent. Que Nice ne se montre pas trop macho pour une fois et montre la place que nous pouvons réserver à nos héroïnes», a-t-il poursuivi.
Le roi consort brûlé à la place
Mais dans son sillage, la souveraine laissait quelques interrogations – une surtout. Son visage, fait de résine et de polystyrène et où l’épaisse peinture tracera ses yeux élargis et son sourire, sera-t-il brûlé face à la promenade des Anglais au dernier jour des festivités, comme l’exige la tradition carnavalesque ? Jusqu’à présent en effet, Sa Majesté Carnaval, symbolisant par sa couronne les peurs, tracas et tourments accumulés au cours de l’année écoulée, expiait par les flammes l’émoi de ses sujets, leur apportant chance et renouveau pour celle à venir. «Lorsqu’un roi se meurt dans les flammes, un nouveau renaît de ses cendres pour l’année suivante», confirme le site officiel de la manifestation. Le roi, certes ; mais brûler la reine ?
Pour la première fois dans l’histoire du carnaval de Nice, une reine présidera les festivités.
LT / Le Figaro
«Non, elle ne sera pas brûlée», a tranché vendredi Christian Estrosi. L’édile invoque la portée symbolique – et de mauvais goût – de faire disparaître par les flammes une figure féminine. «Ici, on ne brûle pas les femmes», a-t-il balayé pendant la conférence de presse, préférant «brûler le roi consort, pour ne pas laisser tomber la tradition. D’autant plus qu’on a déjà une très belle statue de Jeanne d’Arc ». Christian Estrosi a par la suite détaillé son choix pour cette édition inédite : «C’était justice rendue à toutes les Niçoises, à toutes les femmes du monde. Celles qui meurent aussi sous les dictatures, les fusils, les pendaisons, les lapidations et toutes les formes de radicalisme… Le carnaval sera aussi là pour les encourager et les soutenir», a assuré le maire, candidat à sa réélection en mars prochain. L’hypothèse de brûler les deux souverains était également à l’étude.
L’élection de la Reine Pin-up déjà retoqué
Quelques semaines auparavant, l’adjoint à l’événementiel, Graig Moretti, avait déjà refusé la tenue d’une élection «Reine pin-up» en amont du carnaval, tel que proposé par le responsable de L’Art en Mouvement, Jean-Pierre Speidel. Les candidates auraient alors pu animer l’épreuve traditionnelle de la course des garçons de café. «Les femmes que nous voulons mettre à l’honneur ne sont pas des silhouettes en vitrine», avait alors écarté l’adjoint dans un message posté sur le réseau social Facebook, assurant que l’événement n’avait pas «vocation à célébrer la femme décor, la femme objet, la femme sexualisée pour divertir».