Deux personnes ont été diagnostiquées positives au virus Nipah à Barasat, dans l’État du Bengale-Occidental, en Inde. Elles ont toutes deux été hospitalisées, tandis que près de 200 personnes ont été placées en quarantaine. L’Organisation mondiale de la santé n’est cependant pas inquiète : sauf au niveau infranational (où il est jugé modéré), le risque de diffusion est faible.
Deux personnes habitant l’État du Bengale-Occidental, en Inde, ont été contaminées par le virus Nipah depuis le début de l’année. D’après un bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il s’agit de deux professionnels de santé travaillant dans le même hôpital privé de Barasat, près de Calcutta.
Si les risques de propagation de la maladie ont été contenus dans les temps, l’inquiétude règne quelque peu dans la région.
D’où vient-il ?
Le virus Nipah tire son nom de la ville éponyme située en Malaisie. C’est là-bas que le virus a été diagnostiqué pour la première fois, en 1998, chez des porcs domestiques. L’année suivante, c’est à Singapour que d’autres cas ont été identifiés. Plus d’un million de porcs avaient dû être tués pour venir à bout de cette maladie infectieuse.
Depuis, il touche particulièrement des pays comme l’Inde, le Bangladesh ou les Philippines.
Comment se transmet-il ?
Comme le note l’OMS, « la plupart des cas apparus chez les humains se sont produits soit par contact avec d’autres individus infectés, soit par exposition à des chauves-souris infectées », ou encore après consommation d’aliments contaminés.
Quels sont les symptômes ?
Sa période d’incubation va de 4 jours à deux mois. Les symptômes sont similaires à ceux du Covid-19 : maux de gorge, toux, fièvre et problèmes respiratoires, vomissements et diarrhée. À noter que des troubles neurologiques peuvent se manifester : des vertiges, une somnolence, voire, dans les cas les plus graves, une encéphalite ou des convulsions.
Peut-on en mourir ?
L’inquiétude autour du Nipah est légitime. Aucun traitement ni vaccin n’existent, ce qui explique son taux de mortalité élevé : entre 40 et 70 % chez l’homme. Ce faisant, plusieurs aéroports de Thaïlande et du Népal contrôlent désormais tous les passagers en provenance du Bengale-Occidental, relève la BBC.
L’OMS le classe dans sa liste des neuf maladies prioritaires, parmi lesquelles se trouvent aussi le Covid-19, le Zika ou encore Ebola.
Faut-il (vraiment) s’alarmer ?
Non, tempère Marie-Anne Rameix-Welti. Interrogée par Le Figaro, la responsable du Centre national de référence des infections respiratoires à l’Institut Pasteur se veut rassurante : « La contamination interhumaine de ce virus est peu efficace ».
Il est moins contagieux que le Covid-19, qui peut être transmis par un simple postillon. Le Nipah ne peut se propager qu’en cas de contact rapproché et prolongé. Surtout, il est symptomatique, donc rapidement détectable.
Bref, peu de chance que ces cas aboutissent à une pandémie. Près de 200 contacts ont été mis en quarantaine et été testés négatifs. Au 27 janvier, aucun nouveau cas n’avait été identifié. Le risque de diffusion au niveau transfrontalier comme au niveau mondial est jugé « faible » par l’OMS.