Par

Jeremy Colin

Publié le

31 janv. 2026 à 9h30

Alors qu’un rapport brûlant pourrait remettre en cause la viabilité du projet de construction d’une ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse, les élus et les associations anti-LGV se sont rassemblés devant la gare de Marmande (Lot-et-Garonne), ce mercredi 28 janvier 2026.
Parmi leurs revendications, l’abandon pur et simple du projet de construction et la rénovation de la ligne existante.

« Nous sommes scandalisés »

« Nous avons toujours considéré qu’il fallait travailler sur l’existant », a rappelé Raymond Girardi, maire d’Argenton et figure historique de ce mouvement de contestation.

« La ligne actuelle est vétuste, mal entretenue et ne correspond même plus aux besoins de la desserte quotidienne. Il n’y a qu’à voir les retards très fréquents sur cette ligne. »

C’est pourquoi les manifestants avaient choisi la gare de Marmande pour se rassembler : « l’avenir est là », clament-ils, alors qu’une menace de suppression des dessertes Intercités plane sur la ville.

« Nous sommes scandalisés que la SNCF, les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie ainsi que l’État disqualifient cette ligne, comme si l’option n’existait pas. »

Pourtant et à l’image du rapport qui devrait être remis par le Conseil d’orientation des infrastructures, plusieurs arguments semblent plaider en la faveur de l’abandon de la LGV au profit d’une rénovation de la ligne actuelle.

La ligne Montauban-Bordeaux « n’est qu’à 50 % de sa capacité »

« Il y a d’abord une question financière », rappelle Raymond Girardi alors que le coût total du projet pourrait jongler entre 14 et 27,6 milliards d’euros, selon le mode de financement choisi.

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« Le rapport Claraco qui a travaillé sur l’aménagement de l’existant serait autour de 5 milliards d’euros et pourrait mécaniquement être augmenté à 9 milliards d’euros », expliquaient ainsi les manifestants devant la gare.

Non sans une pointe de sarcasme, Raymond Girardi y voit pour l’État, l’occasion de faire des économies. « Lecornu cherche des sous, on lui en a trouvé ! »

Auteur du rapport à son nom, Robert Claraco a, lui, expliqué techniquement ce qui lui a permis de conclure que l’aménagement de la ligne existante était la meilleure option.

« Aujourd’hui, la ligne Montauban-Bordeaux n’est même pas saturée. Elle n’est qu’à 50 % de sa capacité », explique-t-il. « Un rapport prétend que la LGV crée un appel d’air mais ça ne s’intéresse pas au citoyen, c’est une étude de marché pour les riches. »

Demande d’une commission parlementaire

Techniquement, le Lot-et-Garonne ne serait pas non plus capable de faire vivre cette infrastructure.

« Aujourd’hui, le département est incapable de fournir la puissance électrique nécessaire à cette nouvelle ligne. Il faudrait une centrale à fioul pour y parvenir ! »

Ils appellent à un projet raisonné. « Ce type de projet doit être mixte aujourd’hui pour aussi y faire circuler le fret et le train ordinaire. »

Selon leurs calculs, il faudrait 1h32 pour faire Toulouse-Bordeaux avec deux arrêts à Agen et Montauban, contre 1h16 avec la nouvelle ligne (et 1h02 sans arrêt).

Élus et associations demandent qu’une commission parlementaire puisse officiellement se saisir du sujet « pour faire une étude précise sur les deux options ».

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