Découvertes sur l’île indonésienne de Sulawesi, des peintures rupestres vieilles de près de 70’000 ans deviennent les plus anciennes connues à ce jour. Publiés dans la revue Nature, ces résultats déplacent le berceau de l’art et éclairent d’un jour nouveau les premières migrations humaines.
Une main humaine, tracée au pochoir, et des scènes de vie figées sur la roche. Ces images sont aujourd’hui considérées comme les plus anciennes peintures jamais découvertes. Elles témoignent des origines de l’art et de la culture humaine. C’est sur l’île indonésienne de Sulawesi, au nord de l’Australie, qu’une équipe de chercheurs met au jour, il y a une dizaine d’années, des grottes aux trésors archéologiques inestimables.
Parmi elles, une peinture rupestre de près de 70’000 ans. « On a obtenu un âge minimum de 67’800 ans, c’est donc la plus vieille peinture connue de l’humanité. Ici, sur l’île Mona à Sulawesi », explique mardi dans le 19h30 Maxime Aubert, archéologue à la Griffith University de Brisbane.
Une datation qui stupéfie la communauté scientifique
Cette date inédite a été établie grâce à des prélèvements de formations calcaires analysés par datation uranium-thorium. Les résultats, publiés dans la revue scientifique Nature, ont immédiatement attiré l’attention des spécialistes.
« Ce qui est incroyable, ce sont d’abord les dates, évidemment très intéressantes. Ensuite, le fait qu’il s’agisse d’une nouvelle zone. Je trouve donc particulièrement intéressant cet article, car il souligne clairement que cette région est largement sous-étudiée et qu’il y a probablement encore beaucoup d’œuvres d’art anciennes à découvrir », souligne Genevieve von Petzinger, paléoanthropologue.
L’Asie du Sud-Est détrône l’Europe préhistorique
Depuis dix ans, les découvertes s’enchaînent à Sulawesi, comme ce sanglier peint il y a 45’000 ans. Elles bousculent la chronologie admise et relèguent l’Europe au second plan. Jusqu’alors, les « Sixtines » européennes, telles que les grottes de Lascaux (–18’000 ans) ou surtout la grotte Chauvet (–36’000 ans), étaient considérées comme le berceau de l’art.
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Ces nouvelles peintures indonésiennes ouvrent désormais des pistes majeures pour comprendre les premières migrations d’Homo sapiens hors d’Afrique. Elles attestent surtout de sa capacité très ancienne à reproduire des images mentales, à créer des récits et des symboles. C’est toute l’histoire culturelle de Sapiens qui se trouve aujourd’hui réécrite.
Delphine Misteli/ther