Une photo de l’exposition « Ils s’aiment » réunissant trente clichés dans le cadre de « Strasbourg mon Amour », a été dégradée, vendredi 30 janvier, en toute fin d’après-midi, à l’église Saint-Guillaume de Strasbourg. La photo représentant deux jeunes hommes amoureux a été marquée d’une inscription en noir : « Lévitiques 18 :22 ». Le pasteur a déposé plainte.

Dehors, le drapeau arc-en-ciel flotte dans les airs. Dedans, la photo couleur sépia de deux jeunes hommes amoureux, de l’espoir plein les yeux, qui tiennent un écriteau « Not married but willing to be » (pas mariés mais prêts à l’être), a été « lâchement dégradée » avec l’inscription « Lévitiques 18 :22 ». Un verset qui évoque : « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. » L’association Passions croisées, en charge de la saison culturelle de l’église Saint-Guillaume, dénonce « un acte homophobe ».

« Une attaque sale et répugnante »

La photo, issue d’une collection réunissant une trentaine de clichés d’hommes amoureux de la collection américaine de Hugh Nini et Neal Treadwell, pris entre 1850 et 1950, avait été prise alors que l’homosexualité était encore un délit. C’est la première fois que l’exposition, en place depuis le 24 janvier, prenait ses quartiers dans une église.

Le président, Cyril Pallaud, a découvert l’inscription à 18h, vendredi. « Cette phrase a fait du mal pendant des siècles. C’est une attaque sale et répugnante. Encore une fois, on s’en prend à la communauté LGBT. La Bible ne se lit pas au premier degré ! C’est toujours aujourd’hui un combat que de lutter contre l’obscurantisme de son interprétation. »

Une plainte déposée

Le pasteur, Daniel Boessenbacher, a porté plainte en ligne dans la foulée : « On ne laisse pas passer ce genre de choses. Si chacun a le droit d’avoir son opinion, il ne s’agit pas de se cacher derrière un verset biblique pour justifier du vandalisme et de l’homophobie qui sont des actes punis par la loi ». En 2023, il avait déjà été victime de menaces de mort après le premier spectacle de Passions croisées qui mettait notamment en scène un danseur de Pole Dance. « Depuis 2019, l’église protestante peut bénir des couples mariés de même sexe, reprend le pasteur. Notre église est accueillante, inclusive et ouverte. »

Cyril Pallaud déplore aussi que plusieurs bénévoles soient souvent pris à partie devant l’église. « L’homophobie est toujours présente et la reconnaissance des personnes LGBT est un combat de chaque instant. » Cet acte de dégradation ne fait que renforcer leur souhait « de continuer à se battre ». L’association remercie aussi la vague de soutien qui les inonde depuis hier soir.