Calvitie et boissons sucrées : le signal venu de Pékin
Et si une boisson du quotidien pesait sur l’épaisseur de votre
chevelure ? En Chine, des chercheurs se sont penchés sur la hausse
des cas d’alopécie masculine chez des hommes de plus en plus
jeunes. Leur enquête couvre un pan précis de nos habitudes, souvent
banalisé à la pause, au sport ou au bureau. La tendance observée
relance le débat.
L’étude a été publiée le 1er janvier dans la revue scientifique
Nutrients. Elle concerne 1 028 hommes âgés de 18 à 45 ans,
interrogés en ligne entre janvier et avril 2022. Critères
socio‑démographiques, mode de vie, santé du cuir chevelu : tout a
été passé au crible. Reste à comprendre ce que les chiffres
racontent vraiment. Et jusqu’où.
Boissons sucrées : ce que montre l’étude Tsinghua
Au total, 57,6 % des participants ont déclaré une perte
de cheveux. Les hommes concernés buvaient en moyenne 4 293
ml par semaine de boissons sucrées (environ 4,3
L), contre 2 513 ml dans le groupe sans problème capillaire. Les
consommateurs de plus de sept portions par semaine faisaient partie
du sous‑groupe le plus exposé. « dans l »analyse finale, nous avons
découvert qu’une consommation importante de boissons sucrées est
associée à un facteur de risque accru de calvitie », écrivent les
chercheurs de l’Université Tsinghua, cités par
BFMTV.
Les auteurs rappellent l’ampleur du phénomène : « La perte de
cheveux chez les hommes est devenue un problème de santé global.
Son incidence continue d’augmenter et l’âge auquel les premières
chutes apparaissent continue de baisser », écrivent‑ils. L’enquête a
exclu les participants atteints de maladies du cuir chevelu et les
personnes sous chimiothérapie. Les réponses ont été collectées via
questionnaires en ligne.
Sucre et follicules : les pistes avancées par les
chercheurs
Pourquoi ces boissons seraient‑elles liées à la
calvitie ? Les auteurs évoquent une concentration
trop élevée de glucose qui pourrait influencer la pousse des
cheveux. Paradoxalement, un excès de sucre réduirait la quantité de
glucose disponible pour les follicules et freinerait leur
régénération. Ils ajoutent qu’un apport excessif en sucres
s’accompagne souvent d’un excès de lipides ; des travaux chez la
souris montrent qu’un régime très gras peut provoquer une perte de
poils.
Le tableau de risque ne se limite pas au contenu du verre. Dans
l’étude, les hommes rapportant une perte de
cheveux étaient aussi plus souvent fumeurs, consommateurs
d’alcool, moins actifs physiquement et au sommeil instable. Les
auteurs soulignent que l’unique consommation élevée ne suffit pas à
expliquer toutes les chutes et appellent à des recherches
complémentaires en laboratoire.
Faut‑il revoir sa consommation de
boissons sucrées pour ses cheveux ?
Sans pointer une cause unique, ces données désignent les
sodas et autres boissons sucrées
comme un facteur de risque modifiable. Réduire la fréquence,
surtout au‑delà d’une boisson par jour, paraît raisonnable lorsque
d’autres habitudes fragilisent déjà l’organisme. Remplacer par de
l’eau, de l’eau gazeuse nature, des thés ou cafés non sucrés aide à
diminuer l’exposition. Le contexte de vie pèse autant que le volume
bu.
Un dernier repère simple : suivre dans le temps sa consommation
réelle plutôt qu’une impression. En cas d’antécédents familiaux
d’alopécie et de consommation élevée, échanger avec un dermatologue
peut éclairer la stratégie personnelle. L’objectif est de limiter
un levier de risque, pas de promettre une solution miracle.