Ils ne vivent pas sous nos latitudes malgré ce qu’a pu conter François-René de Chateaubriand dans ses Mémoires d’outre-tombe en 1848.
« Que faites-vous l’hiver dans l’île? – Nous tressons des filets, nous pêchons dans les étangs, en faisant des trous dans la glace; le dimanche, nous allons à la messe et aux vêpres, ou nous chantons des cantiques; et puis nous jouons sur la neige et nous voyons les garçons chasser les ours blancs »
François René de Chateaubriand dans ses Mémoires d’Outre-Tombe
Mais s’il était improbable de croiser des ours blancs au 19ème siècle, tout est possible en 2026 grâce à une tempête hivernale et l’huile de coude de Henri-Paul Artur. À l’aube de ses 80 printemps, le Saint-Pierrais s’amuse à sculpter des personnages dans la neige depuis de nombreuses années : un harfang des neiges, un flutiste et des tas d’autres personnages sont déjà sortis de son imagination.
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Cette année, c’est une ourse polaire et sa progéniture qui ont élu domicile dans une cour de la rue Louis Pasteur à Saint-Pierre. Avec passion et patience, Henri-Paul se baisse, se relève, s’écarte, sculpte, modèle et peint ses animaux éphémères. Mais n’ayez crainte, ils sont inoffensifs. Le septuagénaire nous a malicieusement glissé un mot : « je garde mon âme d’enfant. » Pour le plus grand plaisir des voisins du quartier qui peuvent observer ses œuvres d’art éphémères depuis leurs fenêtres.
Lorsqu’il ne neige pas, le retraité bricole ou parcourt les sentiers de Saint-Pierre, entre tourbières et forêt boréale. Pas question pour lui d’arrêter ses activités.
L’hyperactif de 79 ans n’a pas prévu de sculpter tous les animaux de la banquise cet hiver, mais qui sait, si le temps le permet.