Les corps de personnes tuées lors d’un bombardement aérien de l’armée israélienne, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2026. Les corps de personnes tuées lors d’un bombardement aérien de l’armée israélienne, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2026. BASHAR TALEB/AFP

Des bombardements aériens israéliens ont causé la mort de 32 morts, samedi 31 janvier, dans la bande de Gaza, dont « la plupart sont des enfants et des femmes », selon un dernier bilan communiqué par la défense civile, un organisme de premiers secours opérant dans le territoire palestinien sous l’autorité du Hamas.

Si des personnes ont été tuées presque quotidiennement dans des bombardements à Gaza depuis l’entrée en vigueur de la trêve avec le Hamas, le 10 octobre, le bilan de samedi est particulièrement élevé.

« Des appartements, des tentes, des abris et un commissariat ont été visés », a précisé le porte-parole de la défense civile, Mahmoud Bassal. Dans le quartier de Rimal, dans la ville de Gaza, un logement a été soufflé par l’explosion. « Trois filles sont mortes dans leur sommeil. Nous avons retrouvé leur corps dans la rue », a témoigné auprès de l’Agence France-Presse (AFP) un proche, Samer Al-Atbash. Ailleurs dans la ville, la frappe sur le commissariat a fait sept morts, dont des civils présents dans les locaux à ce moment-là, d’après la direction générale de la police.

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Le directeur du ministère de la santé à Gaza, Mounir Albourche, avait fait état plus tôt d’un bilan de 11 morts et 20 blessés après des frappes « visant des civils », notamment dans une tente à Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien. Le bureau de presse du gouvernement du Hamas a précisé que la frappe contre la tente abritant des déplacés avait tué sept membres d’une même famille, dont un enfant.

Lors d’une autre attaque non loin, l’armée israélienne a frappé un abri à Al-Mawassi, un secteur où des dizaines de milliers de Gazaouis déplacés ont installé des tentes et des abris de fortune, a rapporté l’AFP. Le nombre de victimes n’est pas connu à ce stade. De la fumée s’élevait du secteur touché, au milieu de milliers de tentes. Le Hamas a condamné les frappes, dénonçant un « crime brutal ».

De son côté, l’armée israélienne a affirmé, dans un message publié sur son compte X, avoir agi en représailles à un incident survenu vendredi lors duquel huit combattants palestiniens étaient sortis d’un tunnel de Rafah, dans le sud de Gaza, ce qui, selon elle, constituait une violation du cessez-le-feu. Elle a ajouté que ses forces avaient frappé quatre commandants et d’autres membres du Hamas et d’un autre mouvement armé, le Jihad islamique, ainsi qu’un « entrepôt », un « site de production » d’armes, et deux « bases de lancement » du Hamas au centre de l’enclave.

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509 Palestiniens tués depuis le début du cessez-le-feu

Ces bombardements surviennent la veille de l’ouverture prévue du point de passage de Rafah, à la frontière avec l’Egypte, dans la ville la plus méridionale de Gaza. Tous les points de passage frontaliers du territoire sont fermés depuis le début de la guerre.

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Dans un communiqué, le ministère des affaires étrangères égyptien a condamné samedi « dans les termes les plus forts » les nouvelles frappes israéliennes à Gaza et exhorté les différentes parties à « assumer pleinement leurs responsabilités à ce stade délicat » et « éviter toute action susceptible de compromettre le processus actuel ».

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L’ouverture de Rafah, d’abord limitée, marque la première étape majeure de la deuxième phase du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis. Les Palestiniens de Gaza, l’ONU et nombre d’ONG internationales attendent avec impatience cette réouverture, car la situation humanitaire reste dramatique pour les plus de deux millions d’habitants de Gaza.

La quasi-totalité des habitants ont été déplacés au moins une fois pendant les plus de deux ans de guerre, et des centaines de milliers de personnes vivent encore sous des tentes ou dans des abris de fortune. L’ouverture du passage de Rafah est aussi une bouée de sauvetage pour des milliers de personnes ayant besoin de soins médicaux à l’extérieur du territoire, où la majorité des infrastructures de santé a été détruite.

Le refuge de Gath, abritant des Palestiniens déplacés, lors d’une frappe aérienne israélienne à l’ouest de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2026. Le refuge de Gath, abritant des Palestiniens déplacés, lors d’une frappe aérienne israélienne à l’ouest de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2026. BASHAR TALEB / AFP Un immeuble d’habitation, après une frappe militaire israélienne à Gaza, le 31 janvier 2026. Un immeuble d’habitation, après une frappe militaire israélienne à Gaza, le 31 janvier 2026. JEHAD ALSHRAFI / AP

Selon le gouvernement du Hamas, 509 personnes ont été tuées – et plus de 1 400 blessées – par des tirs ou des bombardements israéliens depuis le début du cessez-le-feu. L’armée israélienne dit quant à elle avoir perdu quatre de ses soldats au cours de la même période à Gaza.

La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël. Cette attaque a entraîné la mort de 1 221 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Au moins 71 769 Palestiniens ont été tués dans le petit territoire côtier par la campagne militaire israélienne de représailles, d’après le ministère de la santé.

Le Monde avec AP et AFP